Allégations de fraude électorale: Barr contredit Trump une nouvelle fois

WASHINGTON — Le procureur général sortant des États-Unis, William Barr, a déclaré lundi qu’il ne voyait «aucune raison» de nommer un procureur spécial pour examiner les allégations de fraude électorale du président Donald Trump ou l’enquête sur la situation fiscale du fils du président élu Joe Biden.

M. Barr a contredit à plusieurs reprises M. Trump lors de sa toute dernière conférence de presse, lundi. Il a également insisté sur le fait que les responsables fédéraux pensent que la Russie est derrière la récente opération de cyberespionnage visant le gouvernement américain. M. Trump avait suggéré sans preuve que la Chine en était peut-être responsable.

M. Barr a affirmé que l’enquête en cours sur les transactions financières de Hunter Biden était «gérée de manière responsable et professionnelle».

«Je n’ai vu aucune raison de nommer un procureur spécial et je n’ai pas l’intention de le faire avant de partir», a-t-il dit.

Lors d’une précédente entrevue avec l’Associated Press, M. Barr avait également déclaré qu’il n’avait vu aucune preuve de fraude électorale généralisée, malgré les affirmations contraires du président. M. Trump a continué d’alléguer sans fondement qu’il y avait eu des fraudes même après que le collège électoral a officialisé la victoire de Joe Biden le 14 décembre.

M. Trump, mécontent que le procureur général sortant n’ait pas annoncé publiquement l’enquête qu’il mène depuis deux ans sur Hunter Biden, fait pression pour qu’un procureur spécial soit nommé afin de porter cette enquête à un autre niveau. Il a consulté à ce sujet le chef de cabinet de la Maison-Blanche Mark Meadows, l’avocat de la Maison-Blanche Pat Cipollone et des alliés extérieurs.

Ces informations ont été transmises par plusieurs responsables de l’administration Trump et des républicains proches de la Maison-Blanche, qui se sont entretenus avec l’Associated Press sous le couvert de l’anonymat pour discuter de ces questions délicates.

Des nominations peu probables

Au-delà de la nomination d’un procureur spécial pour enquêter sur le fils de M. Biden, ces sources ont déclaré que M. Trump souhaitait qu’un autre procureur spécial soit nommé pour examiner ses propres allégations sans fondement de fraude électorale. 

Il a même lancé l’idée de nommer l’avocate Sidney Powell comme procureure spéciale sur la fraude électorale, bien que Mme Powell ait été expulsée de l’équipe juridique de M. Trump après avoir fait une série d’allégations conspirationnistes sur les élections.

Si M. Trump réussissait à faire nommer des procureurs spéciaux, il serait difficile pour le président élu de mettre un terme à ces enquêtes. Mais de telles nominations semblent improbables sans l’appui des hauts responsables du département de la Justice. Et si M. Trump s’attend à ce que son nouveau procureur général par intérim, Jeff Rosen, aille plus loin que M. Barr sur l’un ou l’autre sujet, il pourrait être rapidement déçu.

M. Barr a par ailleurs déclaré que le piratage des agences gouvernementales américaines «semble certainement être (par) les Russes».

En mettant en cause la Russie, M. Barr se range du côté de la croyance largement répandue au sein du gouvernement américain et de la communauté de la cybersécurité selon laquelle des pirates russes sont responsables des intrusions qui ont touché plusieurs agences gouvernementales, notamment les départements du Trésor et du Commerce.

Quelques heures après que le secrétaire d’État Mike Pompeo a déclaré dans une entrevue à la radio que la Russie était «assez clairement» derrière les ces attaques, le président Trump a cherché à saper ce message — et à en minimiser la gravité — en écrivant sur Twitter que «la cyberattaque est bien plus importante dans les faux médias qu’elle ne l’est dans la réalité». Il a également déclaré que la Chine pourrait en être responsable, même si aucune preuve crédible n’est apparue pour suggérer qu’une autre entité que la Russie pourrait être en cause.

– Par Michael Balsamo, The Associated Press

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