Amnistie internationale dénonce l’autocollant représentant Greta Thunberg

CALGARY — Amnistie internationale affirme qu’un autocollant sexuellement suggestif qui semble montrer la militante climatique adolescente Greta Thunberg soulève des préoccupations plus larges en matière de droits de la personne.

Le secrétaire général de la division canadienne de l’organisation fait mention de l’autocollant dans une lettre au premier ministre Justin Trudeau et à tous les premiers ministres provinciaux à quelques jours de la rencontre des premiers ministres à Ottawa.

Alex Neve affirme qu’il veut que les dirigeants politiques du Canada s’engagent à protéger les défenseurs des droits de la personne, en particulier les femmes et les autochtones.

Le premier ministre de l’Alberta, des ministres provinciaux et des députés à la Chambre des communes ont placé l’image sur un autocollant portant le logo de la compagnie albertaine X-Site Energy Services.

La Gendarmerie royale du Canada a estimé que la caricature était répugnante, mais a déterminé qu’elle ne constituait pas une infraction criminelle, et X-Site Energy a promis de faire mieux à l’avenir.

M. Neve a écrit que ces réponses ne pouvaient pas mettre un terme à cette affaire et a exhorté le gouvernement de l’Alberta à prendre de nouvelles mesures pour enquêter.

M. Neve avait envoyé une autre lettre à M. Kenney en septembre pour lui signaler ses inquiétudes en matière de droits de l’homme au sujet de l’enquête du gouvernement albertain sur le financement de groupes environnementaux et d’un centre de crise pour lutter contre les opposants à l’industrie pétrolière et gazière. Dans ce document, il a exhorté le gouvernement de l’Alberta à tenir les acteurs de l’industrie responsables de leurs devoirs en matière de droits de la personne.

«Voici une bonne occasion d’y voir», a insisté M. Neve dans sa lettre du 5 mars au premier ministre Trudeau et aux premiers ministres provinciaux.

Selon M. Neve, les enjeux que l’autocollant avait mis en lumière ne se limitent pas à l’Alberta, à Greta Thunberg, à X-Site Energy ou à l’industrie du pétrole et du gaz.

«Elles reflètent en fait une tendance profondément inquiétante qui indique une hausse à l’échelle mondiale des menaces et de la violence envers les défenseures et défenseurs des droits de l’homme. […] La nature et le degré des menaces et de la violence qui touchent les femmes et les peuples autochtones sont particulièrement troublants.»

L’autocollant a suscité de l’indignation partout dans le monde lorsqu’une image de celui-ci a commencé à circuler en ligne le mois dernier. À l’époque, Greta Thunberg a déclaré qu’il démontrait que les détracteurs d’actions climatiques plus fermes étaient désespérés. L’ancienne secrétaire d’État américaine et candidate à la présidentielle, Hillary Clinton, a déclaré à CNN qu’elle était «consternée».

La ministre de la Condition féminine de l’Alberta, Leela Aheer, a également qualifié l’image de «complètement déplorable, inacceptable et dégradante» et le premier ministre Jason Kenney l’a qualifiée «d’odieuse».

Interrogée mercredi au sujet de la plus récente lettre de M. Neve, la porte-parole de M. Kenney, Christine Myatt, a répondu que «le premier ministre et d’autres membres du gouvernement ont dénoncé l’autocollant à l’époque», ajoutant que «le gouvernement est préoccupé par la pandémie de coronavirus et les conséquences économiques connexes pour notre province».

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