Amnistie internationale presse Ottawa d’agir en faveur de la libération de Badawi

MONTRÉAL — «Liberté pour Raif», ont scandé une trentaine de manifestants jeudi midi devant le Complexe Guy-Favreau au centre-ville de Montréal, un édifice du gouvernement fédéral, en soutien au blogueur saoudien Raif Badawi, emprisonné depuis maintenant neuf ans. 

«Je ne veux pas être ici pour célébrer un dixième anniversaire l’an prochain», a déclaré l’écrivain et dramaturge québécois Michel Marc Bouchard en prenant la parole devant la foule munie de pancartes à l’effigie du blogueur.

Amnistie internationale avait organisé le rassemblement pour réclamer la libération de M. Badawi, qui a été condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour avoir écrit des textes au sujet de la démocratie, l’égalité des sexes et la liberté civique sur son site web. Il a depuis reçu 50 coups de fouet. 

Il sera également interdit pour le blogueur de quitter l’Arabie saoudite pour une période de dix ans à la fin de sa sentence. 

Claude Laplante, un des participants venu démontrer son soutien, avait les larmes aux yeux. «C’est inhumain de faire ça à quelqu’un», a-t-il dit plus tard en entrevue. L’homme vêtu d’un dossard d’Amnistie internationale ne pouvait concevoir que quelqu’un soit emprisonné et séparé de sa famille «pour des niaiseries». 

«Il faut rappeler que ce qu’il a revendiqué, c’est simplement le respect des droits de la personne et de la liberté d’expression» a pour sa part souligné un autre sympathisant de la cause. Jean-Pierre Coiffey s’est joint à la mobilisation depuis ses débuts. Selon lui, «Raif Badawi est devenu un peu l’emblème, mais il ne faut pas oublier que ce sont plusieurs autres militants qui sont condamnés en Arabie saoudite». 

Amnistie internationale soutient qu’il est important de maintenir la pression sur le gouvernement fédéral pour qu’il accorde notamment la citoyenneté à M. Badawi. La porte-parole d’Amnistie internationale pour le Canada francophone, France-Isabelle Langlois, dénonce aussi le fait qu’Ottawa continue de vendre des armes à l’Arabie saoudite. Elle y voit une «contradiction», d’autant plus que rien ne confirme que «ces armes ne seront pas utilisées contre la population». 

La conjointe de M. Badawi, Ensaf Haidar, et leurs enfants se sont réfugiés au Canada, à Sherbrooke.

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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