Analyse du progrès: la société québécoise a évolué positivement

MONTRÉAL — La société québécoise a évolué positivement à de nombreux égards, selon l’Institut de la statistique du Québec, alors que le taux d’emploi et le revenu des personnes ont augmenté dans les 16 dernières années et que la pauvreté et la gravité des crimes déclarés ont diminué. Toutefois, la santé mentale des Québécois est en déclin et les émissions de GES augmentent, ce qui constitue deux tendances défavorables au progrès.

L’Institut de la statistique du Québec a publié lundi, pour la première fois, une étude sur le progrès du Québec en tenant compte de 15 indicateurs clés, complémentaires au produit intérieur brut (PIB). 

«Le PIB ne permet pas de mesurer toutes les dimensions du progrès, donc l’objectif fondamental de cette analyse, c’est d’offrir un complément au PIB en tenant compte de ce qui est le plus important pour la population. Par exemple, la santé, l’éducation, l’environnement, la confiance qu’on a aussi envers les autres», a expliqué l’économiste Stéphanie Uhde, qui a participé à l’étude.

«On a fait la comparaison avec le reste du Canada et on a constaté que le Québec affichait de meilleurs résultats que le reste du Canada pour plusieurs dimensions», a ajouté l’économiste.

Par exemple, le taux de personnes à faible revenu a diminué; il était de 13,7 % en 2015, comparativement à 8,7 % en 2019 au Québec. Dans le reste du Canada, il était de 10,5 % en 2019.

Ce taux est calculé selon la Mesure du panier de consommation (MPC) qui comprend cinq composantes: l’alimentation, le logement, les vêtements et chaussures, le transport et les autres nécessités.

Par contre, le revenu des particuliers et le capital économique sont plus élevés dans le reste du Canada.

Les chercheurs ont analysé les données économiques disponibles, c’est à dire jusqu’en 2019, donc les conséquences de la récente flambée du prix des denrées ne sont pas incluses dans l’analyse.

Taux de diplomation et espérance de vie à la hausse

La proportion de personnes de 24 à 35 ans détenant un diplôme d’études postsecondaires est passée de 72 % en 2006 à 80 % en 2021. Dans le reste du Canada, cette proportion était de 74 % en 2021. 

L’espérance de vie est en hausse depuis 2003, mais elle a connu une baisse d’environ une année en 2020, partout au pays.

Par exemple au Québec, l’espérance de vie était de 83 ans juste avant la pandémie; elle est baissée à 82 ans en 2020, pour revenir à 83 ans en 2021. Les données, pour le reste du Canada, ne sont pas disponibles pour l’année 2021, mais la tendance des dernières années montre que l’espérance de vie est légèrement plus élevée au Québec qu’ailleurs au pays.

La criminalité est à la baisse

La gravité des crimes déclarés par les services policiers a diminué depuis 16 ans, ce qui témoigne d’une amélioration de la sécurité des personnes, selon les auteurs de l’étude.

L’indice de gravité de la criminalité, qui tient compte à la fois du volume et de la gravité des crimes déclarés, était de 52  au Québec en 2020, comparativement à 79  dans le reste du pays.

La santé mentale est plus fragile

En 2019, donc avant la pandémie, 72 % des Québécois âgés de 12 ans et plus percevaient leur santé mentale comme très bonne ou excellente. En 2015, c’est 75 % de la population qui considérait avoir une bonne santé mentale.

Cette tendance à la baisse est également observable dans l’ensemble du pays. Les auteurs de l’étude n’avaient pas pour mandat de déterminer pour quelle raison le bien-être des citoyens diminuait.

Les GES à la hausse, mais la qualité de l’air s’améliore

L’Institut de la statistique du Québec note que l’ampleur des anomalies de température a augmenté depuis 100 ans et, depuis 1998, «nous observons une série ininterrompue d’années plus chaudes que la normale du 20e siècle».

L’institut souligne également que les émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec ont fluctué entre 2009 et 2019, mais depuis 2016, elles sont à la hausse, contrairement à ce qui était attendu pour contenir les changements climatiques.

Le rapport souligne que les émissions de GES constituent une mesure de la pression de l’économie sur l’environnement.

Si ces deux tendances sont défavorables au progrès, l’Institut de la statistique du Québec souligne toutefois que la qualité de l’air s’améliore.

Le Québec a connu 96 jours en 2020 lors desquels la concentration de particules fines dans l’air était supérieure au seuil international. En 2009, la province avait enregistré 254 jours où l’air était de mauvaise qualité. Le «bon résultat» de 2020 ne semble pas s’expliquer par la pandémie, car cette tendance à la baisse s’observe depuis plusieurs années.

Le nombre de jours de dépassement du seuil de concentration de particules fines dans l’air au Québec a diminué en moyenne de 7,8 % entre 2009 et 2020.

Ailleurs au Canada, les auteurs de l’étude notent qu’aucune tendance significative ne se dégage entre 2009 et 2020 quant à la concentration de particules fines dans l’air.

Une personne sur deux fait confiance en la plupart des gens

L’Institut de la statistique du Québec a observé qu’en 2020, près de 45 % de la population du Québec affirmait avoir confiance en la plupart des gens. Cette proportion représente une hausse par rapport à celle observée pour 2003, où elle était d’environ 35 %.

Les auteurs soulignent que «le niveau de confiance généralisée est plus faible au Québec que dans le reste du Canada, où près de six personnes sur dix avaient confiance en la plupart de gens en 2020».

Le rapport indique également que la représentation des femmes en politique s’accentue depuis 2006, même si elles demeurent sous-représentées parmi les élus en 2021.

L’Institut de la statistique du Québec compte mettre à jour son analyse chaque année, en y ajoutant au besoin de nouvelles mesures.

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