Andrew Scheer ne veut pas de nouvelles normes sur les combustibles propres

OTTAWA — Le chef conservateur Andrew Scheer promet, si son parti est élu, d’écarter les nouvelles normes proposées par les libéraux pour forcer l’industrie à offrir des carburants moins polluants.

Dans une lettre adressée lundi au premier ministre Justin Trudeau, M. Scheer estime que les nouvelles normes sur les hydrocarbures envisagées à Ottawa pourraient augmenter le coût de l’essence d’au moins 4 cents le litre — sans compter la redevance fédérale sur le carbone imposée à certaines provinces. Cette redevance ajoute environ 4 cents au prix du litre d’essence et dépassera 11 cents d’ici 2022.

Dans sa lettre au premier ministre, M. Scheer qualifie de «taxe secrète» les nouvelles normes sur les combustibles propres proposées par le ministère de l’Environnement et il demande à M. Trudeau de renoncer à cette réglementation envisagée.

«Les parents doivent maintenant payer plus cher pour amener leurs enfants aux pratiques de soccer, les aînés doivent payer plus cher pour se rendre chez le médecin, les agriculteurs doivent payer plus cher pour semer leurs cultures et les propriétaires de petites entreprises doivent payer plus cher pour servir leurs clients», écrit le chef conservateur.

«Vous n’avez jamais eu à vous préoccuper de payer plus cher à la pompe, mais pour certaines familles qui doivent vivre d’un chèque de paie à l’autre, 100 $ de plus par mois comptent beaucoup», écrit M. Scheer, en reprenant l’argument voulant que M. Trudeau soit un fils de riche.

La nouvelle norme sur les carburants propres vise à réduire les émissions globales de 30 millions de tonnes par an — soit 15 pour cent des 200 millions de tonnes environ que le Canada devrait effacer pour respecter son engagement en vertu de l’accord de Paris. Un projet de règlement ne devrait pas être publié avant 2020; les détails seraient ensuite finalisés en 2021 et la nouvelle norme n’entrerait en vigueur qu’en 2022.

«Je peux vous assurer qu’en octobre, un nouveau gouvernement conservateur sous mon leadership abolira votre taxe sur le carbone et votre taxe secrète sur les carburants, laissera plus d’argent dans le portefeuille des Canadiens et des Canadiennes et les laissera améliorer leur quotidien», écrit M. Scheer dans sa lettre.

La stratégie de lutte contre les changements climatiques des conservateurs prévoit que le parti se concentre davantage sur des investissements volontaires dans les carburants renouvelables.

«En faire plus, pas moins»

Selon le député libéral Sean Fraser, secrétaire parlementaire de la ministre de l’Environnement, «la seule chose que nous entendons d’Andrew Scheer est qu’il veut en faire moins pour lutter contre les changements climatiques, alors que la science dit que nous devons en faire plus».

«En faire moins coûtera aux Canadiens, qui ressentent déjà les impacts comme plusieurs événements de météo extrême, comme des inondations et des incendies, ainsi que les risques pour la santé comme la maladie de Lyme et l’asthme», écrit M. Fraser sur son compte Twitter.

La ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, a repris sensiblement le même message sur Twitter. «Un autre exemple d’Andrew Scheer et de son parti conservateur qui veulent faire moins pour l’environnement, même si des experts et des citoyens du monde entier — et de la science — affirment que nous devons en faire plus. Ce n’est pas ça le leadership.»

En juin, le gouvernement s’était fixé pour objectif de réduire de 10 à 12 pour cent d’ici 2030 les émissions d’un litre d’essence ou de diesel, en proposant des «normes sur les combustibles propres». Une grande partie de cette baisse serait réalisée en mélangeant des hydrocarbures moins polluants, comme l’éthanol et le biodiesel, dans de l’essence traditionnelle, afin de réduire la quantité de dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre produits lors de la combustion.

En avril, la Chambre de commerce du Canada estimait que la redevance fédérale sur le carbone et une nouvelle norme sur les combustibles propres équivaudraient à une «double tarification», en facturant deux fois les entreprises pour chaque tonne d’émissions. L’organisme a estimé que d’ici 2025, la norme sur les combustibles propres ajouterait 1,5 cent au prix d’un litre d’essence et 3,7 cents à un litre de diesel.

Dans une analyse coûts-bénéfices publiée par Environnement Canada en février, le ministère reconnaissait que les coûts de la mise en œuvre de la nouvelle norme «seraient probablement répercutés» sur les consommateurs, les ménages et les utilisateurs industriels, mais on n’a pas évalué ces coûts.

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