Andrew Scheer courtise les Québecois une dernière fois avant le jour J

DRUMMONDVILLE, Qc — Andrew Scheer et ses candidats au Québec représentent le «vrai monde» et va gouverner pour eux.

C’est ce qu’a lancé sa candidate dans Drummond, Jessica Ebacher, lors du dernier rassemblement des conservateurs au Québec pour fouetter les troupes, à trois jours des élections.

L’équipe de M. Scheer s’est donné rendez-vous à Drummondville, une circonscription détenue par le Nouveau Parti démocratique depuis 2011. Quelque 500 militants étaient présents pour ce qui était leur plus grand rassemblement au Québec de la campagne.

Le chef conservateur a annoncé qu’une de ses premières décisions, s’il forme le gouvernement, sera de convoquer le premier ministre du Québec, François Legault, et son conseil des ministres à une rencontre conjointe avec son cabinet.

Ensemble, ils vont s’attaquer à des «dossiers qui traînent depuis trop longtemps à cause de Justin Trudeau», soit: le rapport d’impôt unique géré par le Québec, la construction du troisième lien entre Québec et Lévis et plus de pouvoirs pour le Québec en immigration.  

Il a ensuite enchaîné avec un dérivé du slogan du Bloc québécois — «Le Québec, c’est nous» — pour dresser la liste des accomplissements des anciens gouvernements conservateurs.

C’est la deuxième fois cette semaine que M. Scheer se rend au Québec, avec la montée du Bloc québécois dans les intentions de vote. Les conservateurs se retrouvent quant à eux en troisième place, loin derrière les libéraux et les bloquistes, selon les plus récents coups de sonde.

De passage à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, en matinée, M. Scheer n’a pas voulu s’étendre sur les raisons derrière la baisse de son parti au Québec. Il s’est borné à répéter qu’il était très content de sa campagne et qu’il présentait des candidats «exceptionnels».

Petit arrêt en Beauce

Plus tôt en journée, Scheer est allé prêter main-forte à son candidat de Beauce, Richard Lehoux, qui affrontera son ancien rival à la course au leadership, Maxime Bernier, qui a fondé son propre parti après sa défaite.

Au bar Jack Saloon à Saint-Georges, de nombreux producteurs laitiers venus écouter M. Scheer ont confié à La Presse canadienne qu’ils ont la ferme intention de déloger M. Bernier lundi soir.

«C’est nous autres, les producteurs, qui l’ont fait battre à la dernière minute à la convention de la chefferie du Parti conservateur. C’est encore nous qui allons le faire battre comme député en Beauce», prédit Raymond Roy, un agriculteur de la région.

«Quand tu ne te fais pas appuyer, tu te revires de dos et tu t’organises pour que le gars change de place, opine Marquis Roy. On est capable de se défendre et de dire: « Regarde, Maxime, c’est fini. On en a assez entendu ».»

M. Bernier a passé les derniers jours de la campagne dans son coin de pays pour s’assurer de sa réélection. Contrairement à 2015, où un simple «jingle» lui a assuré son siège, il a installé de nombreuses pancartes électorales en Beauce.

De passage à Québec vendredi, le chef du Parti populaire du Canada a convenu que la lutte serait difficile. «Moi, je ne tiens rien pour acquis. J’ai fait une belle campagne, j’ai fait une belle campagne sur le terrain en Beauce et j’ai confiance aux Beaucerons, alors on va voir le 21.»

Il a du même coup décoché une flèche à M. Scheer, qui vient en Beauce à la toute fin de la campagne pour donner un coup de main à son candidat. «Je pense qu’il s’aperçoit que son candidat ne sera pas élu comme il le pensait», lance M. Bernier.

Confusion sur le tramway

Si M. Scheer est porté au pouvoir, il aura à faire face à une menace émise par la Ville de Montréal qui pourrait mettre en péril un important projet d’infrastructure à Québec.

Plusieurs médias rapportent que le cabinet de la mairesse Valérie Plante pourrait reprendre les 800 millions$ qui devaient être cédés à la Ville de Québec pour la réalisation d’un projet de tramway.

Mme Plante s’inquiète de voir les sommes promises du fédéral pour le transport en commun d’au moins 3,7 milliards $ sur 10 ans être amputées par le gouvernement conservateur qui promet d’étaler ces sommes pour revenir à l’équilibre budgétaire.

«C’est là-dessus que je demande un engagement aux partis, car c’est cette enveloppe qui permet à Montréal d’accorder l’argent pour le tramway de Québec», a ajouté la mairesse dans une déclaration écrite.

Questionné à ce sujet vendredi matin, M. Scheer a simplement répondu qu’il allait s’assurer que tous les projets qui étaient approuvés vont continuer dans les délais prévus. Mais dans cette même conférence de presse, il a réitéré que le troisième lien entre Québec et Lévis est sa priorité pour la région.

Scheer imagine une hausse de la TPS

À trois jours du vote, les conservateurs ont prétendu qu’un gouvernement libéral imposerait une hausse de la TPS qui passerait de 5 pour cent à 7,5 pour cent. Lorsque les journalistes ont demandé à M. Scheer d’où il sort ce chiffre, il s’est défendu de l’avoir tout simplement inventé.

Comme il le fait depuis plusieurs jours, il a brandi la menace d’une coalition entre les libéraux et le NPD qui engendrerait des déficits considérables. À son avis, il est «clair» que des déficits ne peuvent que mener à une hausse de taxes ou d’impôts.

«La TPS est un exemple. Si ce n’est pas la TPS, Justin Trudeau doit avoir le courage d’expliquer aux Canadiens exactement quels taxes et impôts il va augmenter pour payer pour la coalition entre le NPD et les libéraux», a-t-il ajouté lors de son point de presse matinal à Fredericton.

M. Trudeau a répondu que les attaques de son rival conservateur ne sont que pure fiction.

«Les attaques d’Andrew Scheer sont fausses. Ils ne peuvent rien faire (d’autre) que d’inventer des choses parce qu’ils n’ont rien à offrir aux Canadiens, sauf des coupures», a réagi le chef libéral, en campagne à Whitby, en Ontario.

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