Anita Anand dénonce la «profanation» de la Tombe du Soldat inconnu à Ottawa

OTTAWA — Le gouvernement fédéral fait l’objet de nouvelles demandes visant le renforcement de la sécurité autour du Monument commémoratif de guerre du Canada à la suite du dévoilement de nouvelles images montrant une personne couvrant la Tombe du Soldat inconnu d’un drapeau.

Des photos et des vidéos de l’incident diffusé en direct en ligne, dimanche soir, montrent un individu qui incline la tête devant la tombe recouverte des drapeaux des États-Unis et du Canada.

La sépulture contient la dépouille d’un soldat canadien non identifié, tué dans la bataille de la crête de Vimy lors de la Première Guerre mondiale. Le monument symbolise les sacrifices de tous les Canadiens ayant servi à l’étranger en temps de guerre.

Alors que l’on ne comprend toujours pas vraiment le message qu’espérait transmettre l’individu en question, la ministre de la Défense, Anita Anand, a décrit le geste comme une «profanation» du monument. Un acte qu’elle qualifie d’«inacceptable» et de «honteux».

«Le droit de manifester est une chose pour laquelle les personnes honorées par la Tombe ont sacrifié leur vie, mais la profanation de ce mémorial est inacceptable et honteuse», a-t-elle écrit dans un message sur Twitter.

Le ministre des Anciens Combattants Lawrence MacAulay a lui aussi condamné le geste dans une publication sur Twitter en se disant «déçu de voir des comportements irrespectueux et déshonorables se répéter à la Tombe du Soldat inconnu».

«Ce site sacré mérite notre plus grand respect, honneur et intégrité», a-t-il ajouté.

Aucun des deux ministres n’a toutefois fait mention d’une intention de rehausser le niveau de sécurité à cet endroit qui est devenu le centre d’attraction des manifestants contre les mesures sanitaires liées à la COVID-19 et contre le gouvernement libéral.

Des demandes répétées ont été formulées au gouvernement pour mieux protéger le site depuis les gestes posés lors du siège du prétendu «Convoi de la liberté», l’hiver dernier. Une femme avait été vue debout sur le sarcophage lors des premiers jours de la manifestation. Cette femme avait été interrogée par les policiers d’Ottawa, mais n’avait pas été accusée.

À la suite du geste, les autorités ont érigé des clôtures autour de la tombe et du monument, mais elles ont été retirées par la suite par les manifestants, dont plusieurs s’identifiaient comme d’anciens combattants voulant se réapproprier les lieux.

Le monument commémoratif a aussi été la scène d’une récente manifestation impliquant James Topp, un réserviste des Forces armées canadiennes accusé de s’être prononcé contre la vaccination obligatoire alors qu’il portait son uniforme. Il a ensuite mené une marche de quatre mois entre Vancouver et la capitale fédérale.

Nujma Bond, porte-parole de la Légion royale canadienne, affirme que cet incident illustre parfaitement les raisons pour lesquelles l’organisation a réclamé à répétition que la sécurité soit renforcée sur le site.

«Il semble malheureusement que ces gestes se reproduisent avec régularité», déplore-t-elle. 

Youri Cormier, directeur général de l’Institut de la CAD (Conference of Defence Associations), un groupe de réflexion sur les enjeux de la défense, fait écho aux arguments de Mme Bond concernant la croissance de l’instrumentalisation du site pour passer des messages politiques.

«La Tombe du Soldat inconnu n’est pas un endroit pour scander des slogans et pour faire de la désobéissance civile, c’est un lieu de prière, de gratitude et d’introspection», martèle-t-il.

«Étaler un drapeau américain sur le cénotaphe canadien est un geste profondément insultant à poser pour un touriste. Cela démontre un grand manque de jugement. On a vu énormément de gestes irrespectueux posés au cénotaphe par le « Convoi de la liberté » et ses partisans», a poursuivi M. Cormier.

Il a ajouté que le genre d’incident observé dimanche n’aurait jamais été toléré sur la Tombe du Soldat inconnu aux États-Unis. Un lieu surveillé en permanence par un militaire en service au cimetière national d’Arlington.

La sécurité sur le site du monument canadien relève du Service de police d’Ottawa (SPO) alors que la présence de membres des Forces armées canadiennes n’est que symbolique.

Le ministère de la Défense a référé nos questions au sujet de l’incident de dimanche au SPO, qui n’a pas répondu à nos demandes de commentaires lundi.

Services publics et Approvisionnement Canada dit procéder à une analyse des images vidéo de l’incident, mais ne pas avoir l’intention de déclencher une enquête. Le ministère affirme tout de même vouloir «travailler en étroite collaboration avec les forces de l’ordre».

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