Anne Kelly «à l’aise» avec le transfert de la meurtrière de Victoria Stafford

OTTAWA — La Commissaire du Service correctionnel du Canada, responsable de la révision du transfert controversé de la meurtrière de la jeune Victoria Stafford d’une prison à sécurité moyenne vers un pavillon de ressourcement autochtone, dit être «à l’aise» avec la décision.

Anne Kelly, nommée commissaire en juillet, a confirmé que l’agence allait procéder à un examen approfondi du dossier à la demande du ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale. Elle a toutefois souligné que son service applique un «processus rigoureux de gestion des dossiers».

La commissaire dit être à la recherche d’un membre de la société civile pour compléter le comité de révision formé de deux cadres supérieurs pour vérifier si tous les processus ont été correctement suivis dans le transfert de Terri-Lynne McClintic.

Anne Kelly a tout de même avancé que pour le moment, elle était «à l’aise» avec la décision prise par son service. Cependant, elle se dit prête à appliquer toute recommandation formulée par le comité.

La commissaire a quitté les lieux au moment où les journalistes lui demandaient si ses opinions personnelles risquaient d’influencer le travail du comité de révision.

Un adjoint a plus tard précisé que ce que voulait dire Mme Kelly, c’est qu’elle ne croit pas que le transfert de Terri-Lynne McClintic ne pose de risque immédiat pour la sécurité du public, du personnel ou des détenus.

La controverse s’est à nouveau retrouvée au coeur des débats sur la colline parlementaire à Ottawa, alors que les conservateurs ont exigé que le ministre de la Sécurité publique ordonne l’annulation du transfert. Le ministre Goodale a répondu qu’il n’avait pas l’autorité pour le faire, ce qui explique sa demande auprès de Mme Kelly.

Le chef conservateur Andrew Scheer maintient que le gouvernement a le pouvoir d’agir en vertu de l’article 6 de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition. Cet article stipule que: «Le gouverneur en conseil nomme le commissaire; celui-ci a, sous la direction du ministre, toute autorité sur le Service et tout ce qui s’y rattache.»

Les libéraux contestent cette interprétation de l’article de loi. Selon eux, le ministre ne peut donner au commissaire que des instructions sur les opérations générales ou les politiques et non sur des cas individuels.

«La loi est très claire. Le contrôle du système incombe au commissaire», a répliqué Ralph Goodale.

En entrevue, Andrew Scheer a conclu que la décision du premier ministre de ne pas intervenir revient à approuver le transfert de Mme McClintic au pavillon de ressourcement.

«Justin Trudeau a la capacité de remettre la meurtrière de Victoria derrière les barreaux», a déclaré Andrew Scheer à La Presse canadienne.

La ministre des Services aux Autochtones, Jane Philpott, a défendu l’utilisation des pavillons de ressourcement autochtones comme moyen reconnu de justice réparatrice pour les délinquants autochtones, comme Terri-Lynne McClintic. Elle a fait savoir que les pavillons de ressourcement ont fait leurs preuves.

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