Antibilinguisme:la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick interpelle les chefs

FREDERICTON — La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) demande aux chefs de partis de s’engager à instaurer une «culture de tolérance zéro quant à l’antibilinguisme», notamment à l’Assemblée législative.

La SANB a publié mardi ses demandes d’«engagements fermes» des différents partis politiques en vue des élections générales du 14 septembre. L’organisme déplorait jeudi dernier «l’incapacité» du premier ministre sortant, Blaine Higgs, «de prendre une position ferme contre le recul des droits linguistiques d’un tiers de la population» de la province.

La veille, le chef progressiste-conservateur n’écartait pas d’emblée, s’il était réélu, l’idée de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick de remettre en question les exigences de bilinguisme pour les fonctionnaires de la province. La SANB a alors estimé que M. Higgs utilisait «une forme de sous-discours destiné à attirer vers son parti une frange anti-francophone de la population» pendant cette campagne.

Dans ses demandes aux chefs de partis, mardi, la SANB déplore qu’«au cours des dernières années, certaines formations politiques à Fredericton ne se sont pas gênées en préconisant un discours politique visant à restreindre les droits des Acadiens, Acadiennes et francophones» du Nouveau-Brunswick. «Soyons des plus clairs: la SANB n’acceptera aucun recul en matière de droits linguistiques dans le cadre des élections provinciales en cours», prévient l’organisme.

La SANB souhaite aussi la création d’un comité permanent des langues officielles à l’Assemblée législative, afin d’encadrer l’évolution de la mise en oeuvre de la Loi sur les langues officielles. Selon la SANB, ce comité permettrait à l’Assemblée législative «de rompre avec la partisanerie malsaine du statu quo en dépolitisant le dossier des langues officielles».

L’organisme demande aussi que la communauté francophone exerce la pleine gestion de son système d’immigration, selon un principe de «pleine dualité» linguistique dans la seule province officiellement bilingue au pays. «En ce moment, le profil linguistique des immigrants qui choisissent le Nouveau-Brunswick ne reflète toujours pas l’équilibre linguistique actuel de la province, ce qui provoque un recul relatif du poids démographique des francophones», explique la SANB.

Des investissements en santé

De son côté, la Société médicale du Nouveau-Brunswick demande aux partis politiques de faire des soins de santé la priorité absolue de la campagne électorale. Le président de l’association professionnelle, Chris Goodyear, a indiqué mardi que le moment était venu d’apporter des changements «audacieux et tangibles» pour améliorer l’accès aux soins pour toute la population du Nouveau-Brunswick.

«Pendant trop longtemps, notre système de santé est resté stagnant, indique le docteur Goodyear dans un communiqué. La pandémie de COVID-19 nous a montré que face à un défi sans précédent, le gouvernement et les professionnels de la santé peuvent collaborer pour répondre aux besoins des gens.»

Le représentant des médecins de la province soutient que le système de santé du Nouveau-Brunswick «continue sa bataille pour gérer une pénurie de professionnels de la santé et de lits d’hôpitaux, ainsi que des temps d’attente parmi les plus longs du pays pour les chirurgies et les soins d’urgence». Il estime que plus de 30 000 résidants du Nouveau-Brunswick n’ont pas de médecin de premier recours, et qu’il y a «une grave pénurie de ressources en matière de santé mentale et de traitement des dépendances».

Kevin Vickers a aussitôt déclaré que si les libéraux étaient élus, ils empêcheraient les autorités de fermer les hôpitaux et les salles d’urgence en région. De passage à Sussex, M. Vickers a soutenu que si les progressistes-conservateurs étaient réélus, ils reviendraient avec un plan de réduction des services.

«Ce ne sera pas seulement dans les urgences, a-t-il soutenu. Rappelons-nous que ce n’était qu’une partie de la phase un de Higgs pour réduire les soins de santé: la phase deux n’a jamais été divulguée aux Néo-Brunswickois.»

L’ex-vice-premier ministre conservateur Robert Gauvin avait quitté le caucus en février pour protester contre la réforme des soins de santé de son gouvernement, qui prévoyait la fermeture des services d’urgences la nuit dans certains hôpitaux à l’extérieur des grands centres. M. Gauvin siégeait depuis comme député indépendant mais il est maintenant candidat libéral dans l’ancienne circonscription de Brian Gallant. Le gouvernement Higgs a finalement abandonné cette idée.

M. Gauvin a soutenu mardi que M. Higgs souhaitait toujours procéder à ces coupes dans le système de santé s’il formait un gouvernement majoritaire. Mais le chef conservateur a souvent promis au cours des dernières semaines qu’il ne couperait plus dans les urgences. Il l’a répété mardi à Moncton: «nous travaillerons avec les communautés pour comprendre comment on peut utiliser les hôpitaux existants afin d’offrir les soins de santé dans toute la province».

Logement, toxicomanie et accessibilité

M. Higgs a par ailleurs promis mardi que s’il était réélu, son gouvernement ferait progresser son plan de logement sur 10 ans et éliminerait davantage de personnes de la liste d’attente pour un logement subventionné. «D’ici 2022, 151 nouvelles unités de logement subventionnées seront créées», a-t-il promis.

Pendant ce temps, l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick a profité de sa conférence de presse quotidienne pour appeler à plus de soutien aux personnes qui luttent contre la toxicomanie. «Nous devons aider les toxicomanes afin de pouvoir contenir la criminalité dans notre région», a estimé la candidate Michelle Conroy, à Miramichi.

Le chef du Parti vert, David Coon, a déclaré de son côté qu’il veillerait à ce que les personnes handicapées soient pleinement incluses dans la société en général — et pas seulement dans le système scolaire. Un gouvernement du Parti vert inscrirait ainsi dans une loi provinciale l’accessibilité aux bâtiments pour les personnes handicapées.

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