Appel à la décriminalisation contre les surdoses en Colombie-Britannique

VICTORIA — La médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique exhorte le gouvernement provincial à envisager la décriminalisation de la consommation de drogues illicites en tant que mesure pour enrayer la crise des surdoses.

Bonnie Henry précise que cette mesure ne serait pas équivalente à la légalisation, comme a fait le Canada avec le cannabis, mais constituerait une solution de rechange aux accusations criminelles visant les consommateurs de drogue.

Dans un nouveau rapport, Mme Henry affirme que les lois sur les drogues alimentent le sentiment de honte profondément enraciné chez les toxicomanes et que cette honte décourage les gens de se faire soigner.

Les surdoses de drogues illicites augmentent dans la province depuis 2015 et le gouvernement provincial a déclaré une urgence de santé publique en 2016. Malgré tout, plus de 1500 personnes sont décédées l’an dernier.

Selon Mme Henry, la décriminalisation est un moyen de protéger les personnes contre les drogues illicites hautement toxiques et permettrait aux policiers d’aider les toxicomanes à obtenir le soutien dont ils ont besoin.

Le chef du service de police d’Abbotsford, Mike Serr, qui copréside également le comité consultatif sur les drogues de l’Association canadienne des chefs de police, a indiqué dans un communiqué que le soutien des consommateurs de drogues serait meilleur s’il passait par le système de santé publique que par le système judiciaire.

Selon M. Serr, procéder à l’arrestation de personnes pour possession de drogue ne réduira pas la demande pour les drogues illicites.

«Nous devons améliorer les stratégies de traitement, de prévention et d’éducation pour provoquer un réel changement.»

Le coroner de la Colombie-Britannique a déjà indiqué que l’arrivée du puissant opioïde fentanyl était la principale cause de l’augmentation spectaculaire du nombre de décès. Cette drogue a été détectée dans plus de 80 pour cent des décès par surdose en 2017 et 2018.

Des dizaines de sites de consommation supervisée ont vu le jour dans la province en réponse à la crise et le gouvernement a mis à la disposition du public des kits de naloxone disponibles sans ordonnance pour aider à réduire le nombre de décès.

Le rapport de Mme Henry indique que l’impact combiné de nombreuses interventions a permis d’éviter 60 pour cent de tous les décès par surdose possibles depuis que l’état d’urgence de santé publique a été déclaré.

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