Après deux blâmes contre Fitzgibbon, Legault veut changer le code d’éthique

La commissaire à l’éthique a recommandé à l’Assemblée nationale de réprimander le ministre Pierre Fitzgibbon. Mais François Legault estime qu’il n’y avait pas matière à blâme, et que ce serait plutôt le code d’éthique qui devrait être modifié.

QUÉBEC — Après deux blâmes adressés à son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, le gouvernement Legault demande de changer le code d’éthique des élus de l’Assemblée nationale.

Dans son rapport déposé mardi, la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale, Ariane Mignolet, a relevé des manquements au code d’éthique dans la déclaration des intérêts du ministre dans certaines entreprises qui transigent avec l’État.

Elle recommande à l’Assemblée nationale de réprimander le ministre, ce que le gouvernement a écarté.

M. Fitzgibbon n’a pas répertorié tous ses intérêts dans la déclaration que chaque ministre doit compléter.

De plus, il a réussi à se départir de ses participations dans 11 des 13 entreprises où il était investisseur, mais pour les deux qu’il n’a toujours pas vendues, il n’y a apparemment pas d’acheteur.

« Je n’ai même pas eu d’offres, a-t-il plaidé en conférence de presse en après-midi, au côté du premier ministre, François Legault. Pour les 11 que j’ai vendues, je n’ai pas nécessairement vendu au prix que je voulais. »

L’opposition officielle réclame qu’il se retire du conseil des ministres tant et aussi longtemps qu’il n’aura pas régularisé sa situation.

François Legault estime quant à lui qu’il n’y avait pas matière à blâme. Comme la CAQ est majoritaire en Chambre, il n’y aura donc pas de blâme.

« J’ai 100 % confiance en Pierre Fitzgibbon, il a respecté l’esprit des règles, mais les règles doivent être modifiées. On ne devrait pas être obligé au Québec de dire à quelqu’un qui a des placements dans des entreprises privées qu’il ne peut faire de la politique. »

« Il n’y a eu aucun manque à l’éthique, il faut juste que la flexibilité du code permette que les gens puissent disposer de leurs actifs dans un temps raisonnable », a plaidé M. Fitzgibbon.

Autre faute : Mme Mignolet note que le ministre s’est placé en situation de conflit d’intérêts en intervenant auprès d’Investissement Québec (IQ), un organisme dont il est responsable.

Ainsi, il a prévenu IQ de ne pas investir dans une certaine entreprise, puisqu’il y détenait des intérêts.

En outre, la commissaire déplore le manque de collaboration du ministre dans son enquête.

« Je suis furieux de la façon dont vous procédez », écrit-il entre autres à Mme Mignolet.

Ou encore, il écrit : « la teneur de votre message confirme mes vues sur les compétences de votre organisme en matière de corruption et enquête de conflit d’intérêts dans les affaires économiques et commerciales au Québec ».

Mme Mignolet demande au ministre de régulariser sa situation pour être en conformité avec le code d’éthique.

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Eh oui ! Dans un État de droit, les conditions qui encadrent la gestion des affaires publiques sont beaucoup plus exigeantes, et pour causes, que celles qui prévalent dans le secteur privé.

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