Après un long délai lié à la COVID-19, une ado de 16 ans reçoit de nouveaux poumons

HALIFAX — Une adolescente qui a entrepris avec sa grand-mère et sa mère au printemps dernier un voyage de 1800 kilomètres pour aller chercher ses nouveaux poumons a enfin subi l’opération qui a changé sa vie après de longs mois d’attente en cette ère de COVID-19.

Tahlia Ali a quitté Halifax en véhicule récréatif le 20 mai, car les spécialistes préféraient qu’elle soit près du Réseau universitaire de santé et de l’Hôpital pour enfants malades de Toronto pendant que la pandémie perdurait

En juin, lors de son dernier entretien avec La Presse Canadienne, l’adolescente de 16 ans a déclaré qu’elle se sentait prête pour l’opération souvent retardée, car son niveau d’énergie avait chuté.

Sa grand-mère, Judy Robichaud, qualifie la double greffe de poumon pratiquée lundi de «très réussie».

L’opération initiale pour réparer deux trous dans le cœur de Tahlia a été un peu plus difficile, car l’organe était plus élargi que prévu, a relaté sa grand-mère. Mme Robichaud estime que la double opération a duré 13 heures.

«Je suis épuisée émotionnellement, mais euphorique et un peu fragile après six mois d’attente et de ne pas savoir quand cela allait arriver», a confié Mme Robichaud en entrevue vendredi.

Vendredi après-midi, un tube de ventilation a été retiré et Tahlia a commencé à respirer par elle-même, a ajouté Mme Robichaud dans un courriel de suivi.

L’approbation de Tahlia pour une greffe est arrivée en février, mais après l’apparition du coronavirus, le projet de la famille de se rendre à Toronto pour l’opération a été suspendu en raison de la pandémie.

Il y avait également un manque d’espace au Manoir Ronald McDonald, un organisme de bienfaisance qui fournit des résidences pour les familles en attente de traitements. La famille a donc dû rester dans un logement loué sur AirBnB.

La prochaine étape pour Tahlia est une convalescence de trois semaines, a indiqué sa grand-mère. Elle doit ensuite rester trois mois supplémentaires à Toronto pour les visites de suivi au centre de greffes.

L’adolescente de Halifax souffre d’hypertension pulmonaire, ce qui entraîne un manque d’oxygène dans les vaisseaux sanguins des poumons. Elle a aussi deux trous au cœur depuis sa naissance.

«C’est le moment difficile, maintenant, de voir Tahlia aux soins intensifs, accrochée à 15 intraveineuses et sous sédation», a affirmé Mme Robichaud.

Le cas de l’adolescente illustre à la fois la réalité des retards et les efforts continus du programme pour s’adapter à la pandémie, a déclaré le directeur du programme de greffes de poumons.

Le docteur Shaf Keshavjee a affirmé en entrevue vendredi que la liste d’attente avait grimpé à environ 100 patients alors que le virus cause des pénuries dans les lits aux soins intensifs, dans le personnel spécialisé et dans les donneurs d’organes.

Néanmoins, il dit que l’histoire de l’adolescente démontre que le programme peut donner la priorité à une opération lorsqu’il y a une correspondance entre la taille du poumon et le groupe sanguin d’un donneur et que le traitement est urgent.

«J’ai essayé de rassurer la famille qu’elle en aurait fini et elle en a fini, a déclaré le docteur Keshavjee.

«Son histoire dit qu’au milieu de la COVID-19, nous avons pu donner la priorité à aux opérations d’urgence. Quand il était dangereux de faire des greffes, nous avons dû attendre un certain temps», a-t-il ajouté.

«Nous sommes maintenant à plein régime, et la seule limite est le don d’organes. Les Canadiens devraient donc continuer à se concentrer sur le don d’organes afin que nous puissions continuer à sauver des vies.»

Alors que la deuxième vague de la pandémie se poursuivait en Ontario, elle présentait des défis pour le centre de greffe. Avant la pandémie, il y avait une liste d’attente d’environ 30 personnes, mais elle s’élève maintenant à 80 à 100 patients.

Mme Robichaud croit que peu de Canadiens sont conscients des coûts et des défis liés aux greffes. Notamment, les familles doivent vivre dans des hôtels pendant des mois en attendant leur chance pour l’opération.

Elle s’est rendue à Toronto trois fois pour offrir son aide et, en décembre, elle amènera également le jeune frère de Tahlia.

«Il faudra encore au moins quatre mois avant qu’elles (Tahlia et sa mère) ne rentrent chez elles, mais au moins, nous sommes maintenant en mesure d’avancer», a-t-elle écrit.

Laisser un commentaire