Après un premier refus, André Boisclair obtient une libération conditionnelle

MONTRÉAL — L’ex-chef péquiste André Boisclair est libre.

Après avoir essuyé un premier échec en novembre dernier, notamment en raison d’une «attitude arrogante» et de son refus de participer à une thérapie, M. Boisclair a réussi cette fois à obtenir sa remise en liberté.

La Commission des libérations conditionnelles a rendu cette décision mardi, à la suite d’une audience qui a eu lieu lundi. Elle a été rendue publique ce mercredi.

André Boisclair, aujourd’hui âgé de 56 ans, avait été condamné à deux ans moins un jour d’emprisonnement, en juillet dernier, pour avoir perpétré deux agressions sexuelles contre deux jeunes hommes. 

En novembre, la Commission lui avait refusé une libération au sixième de sa peine, estimant qu’il représentait un «risque inacceptable» de récidive. 

Maintenant qu’André Boisclair est rendu au tiers de cette peine, les commissaires ont changé d’avis, jugeant cette fois que la protection du public n’est pas compromise par sa libération.

Plusieurs commentaires dans cette décision indiquent que les quatre mois additionnels de détention après le premier refus ont eu un impact bénéfique sur l’attitude d’André Boisclair.

Ainsi, on peut y lire que «la Commission note que votre détention se déroule adéquatement depuis le refus, que votre attitude s’est améliorée. Le processus judiciaire et carcéral semble avoir eu les impacts escomptés.»

Les commissaires se disent également «d’avis que votre réflexion a évolué depuis cette décision de refus, après quatre mois supplémentaires de détention» et soulignent que «vous semblez être maintenant en mesure de faire des liens intéressants entre les situations qui font partie de votre vécu et les délits. Cette capacité semble avoir été engendrée par la décision de refus du 14 novembre dernier.»

Revenant sur son refus de participer à une thérapie, la décision souligne au détenu que «vous avez été en mesure de reprendre avec ces professionnels vos suivis thérapeutiques à partir de la détention, suite à cette décision de refus».

André Boisclair avait reconnu sa culpabilité à une accusation d’agression sexuelle avec l’aide d’un tiers en lien avec un événement survenu en janvier 2014. La victime avait raconté devant le tribunal s’être rendue à une soirée chez André Boisclair. Bien que le jeune homme, qui ne peut être identifié en raison d’un ordre de la Cour, ait mentionné qu’il ne voulait pas de sexe anal avant de se rendre chez l’accusé, à un certain moment, André Boisclair a demandé à deux autres personnes de le saisir et de le pénétrer, malgré un second refus affirmé sur place. L’agression a été abandonnée parce que la victime se débattait et le jeune homme a pu quitter les lieux par la suite.

Dans le second cas, en novembre 2015, un jeune homme s’était présenté chez M. Boisclair à l’issue d’une invitation de celui-ci sur un site de rencontres. Après une heure à discuter autour d’un verre, le jeune homme avait voulu quitter, mais M. Boisclair lui avait baissé le pantalon et s’était livré à une fellation non désirée. Il avait ensuite entraîné le jeune homme contre son gré dans son lit où il s’était livré à des attouchements anaux en dépit des protestations répétées de la victime, qui avait finalement pu quitter les lieux.

Les deux victimes avaient témoigné avec difficulté devant le juge Pierre Labelle, faisant tous deux état d’impacts psychologiques importants découlant de ces agressions.

La Commission retient toujours, comme elle l’avait fait lors de son refus initial, «la gravité objective des délits» perpétrés par André Boisclair, mais elle souligne que les risques engendrés par les excès de son mode de vie au moment des faits reprochés ont diminué, voyant favorablement «les démarches amorcées pour travailler sur vos problèmes de consommation, votre santé mentale et vos consultations avec un sexologue».

L’organisme note que «les délits pour lesquels vous êtes incarcéré sont survenus il y a plus de 8 ans, qu’ils apparaissent liés à un mode de vie qui n’est plus d’actualité à ce jour, et estime que votre degré de dangerosité actuel est faible».

«La Commission estime qu’une libération à ce stade de votre peine, avec les suivis, les conditions et la surveillance, demeure, à terme, une mesure adéquate pour assurer la protection du public, tout en favorisant une réinsertion sociale.»

La remise en liberté de M. Boisclair est soumise à de nombreusesconditions, notamment de poursuivre des thérapies sexuelle et psychiatrique, de ne pas communiquer avec les victimes, de ne pas consommer d’alcool ou de droguejusqu’à la fin de sa peine et de se rapporter aux autorités tous les mois.

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