Arkansas: un projet du «New York Times» sur l’esclavage pourra être enseigné

LITTLE ROCK, Ark. — Un comité de la Chambre des représentants de l’Arkansas a rejeté mardi une loi qui aurait interdit aux écoles d’enseigner un projet du «New York Times» sur l’héritage de l’esclavage, l’une des nombreuses tentatives dans les États républicains d’intervenir dans la façon dont les questions raciales sont enseignées.

La proposition interdisant aux écoles d’utiliser le «projet 1619» a échoué au terme d’un vote oral, après avoir suscité l’opposition des enseignants, des défenseurs des droits civiques et du haut responsable de l’éducation de l’État. 

Des interdictions similaires ont été proposées dans le Mississippi et l’Iowa. Selon ses détracteurs, ces initiatives visaient à «blanchir» des parties cruciales de l’histoire du pays.

«Ce que vous faites, c’est de censurer et vous enlevez la capacité de ceux qui ont été formés pour se présenter devant nos étudiants à enseigner et à fournir des conseils qualifiés dans le développement des programmes», a déploré le représentant démocrate Reginald Murdock pendant l’audience sur la proposition.

Le projet, qui examine l’esclavage et ses conséquences en tant que fil conducteur de l’histoire des États-Unis, a été publié en 2019, à l’occasion du 400e anniversaire de la première arrivée des esclaves africains. Le projet a également été transformé en une baladodiffusion populaire et du matériel a été développé pour les écoles.

Le représentant républicain Mark Lowery, qui a proposé l’interdiction, croit que le projet dépeint un récit trompeur de l’histoire américaine et a cité les critiques de certains historiens sur certaines parties de celui-ci.

«(L’esclavage) est une tache horrible sur notre histoire et cela devrait être discuté dans nos salles de classe, mais le projet 1619 n’est pas le véhicule pour cela», a soutenu M. Lowery devant le comité.

Le Pulitzer Center, qui s’est associé au «New York Times» pour élaborer des plans de cours du projet 1619, dit avoir été interpellé par plus de 3800 enseignants de la maternelle à la 12e année et près de 1000 enseignants d’université qui prévoyaient les utiliser. Parmi ceux-ci, environ une vingtaine seulement venaient de l’Arkansas.

La proposition a suscité des objections de la part de démocrates et de républicains du comité majoritairement républicain. Selon eux, les préoccupations concernant le matériel devaient être traitées au niveau local et non par le biais d’un mandat à l’échelle de l’État.

«C’est quelque chose, en ce qui concerne l’adoption du programme, qu’il vaut mieux laisser aux conseils locaux élus, aux administrateurs et aux éducateurs», a déclaré le secrétaire à l’Éducation, Johnny Key.

M. Lowery a reconnu qu’il n’était pas certain de l’applicabilité du projet de loi. La proposition appelait à réduire le financement des écoles qui enfreignent l’interdiction d’un montant égal au coût associé à l’enseignement du projet.

– Par Andrew Demillo, The Associated Press

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