Armes à feu: les Suisses approuvent par référendum des mesures plus sévères

GENÈVE, Suisse — Les Suisses ont approuvé dimanche une mesure visant à renforcer les lois sur les armes à feu de la nation alpine, alignant le pays sur bon nombre de ses partenaires européens malgré les objections des propriétaires d’armes à feu.

Selon le site officiel gouvernemental, 63,7 pour cent des électeurs ont accepté que leur pays harmonise son cadre législatif sur les armes à feu avec celui adopté par l’Union européenne, il y a deux ans, à la suite des attaques meurtrières survenues en France, en Belgique, en Allemagne et en Grande-Bretagne.

Un seul des 26 cantons a rejeté la proposition.

Ce référendum a attisé les passions dans un pays où l’attachement aux armes à feu est grand. La Suisse, contrairement à de nombreux pays européens, permet à ceux qui ont fait leur service militaire obligatoire de rapporter leurs armes de service chez eux.

En vertu de la nouvelle mesure, les propriétaires d’armes devront démontrer qu’ils continuent de pratique le tir après une certaine période de temps. Elle prévoit des dérogations extraordinaires pour la possession d’armes semi-automatiques et le marquage des éléments essentiels de certaines armes. Les propriétaires devront enregistrer toutes leurs armes au cours des trois prochaines années.

Selon les partisans du «oui», ces mesures sont nécessaires pour garantir une bonne coopération policière entre la Suisse et ses partenaires de la zone Schengen. Ils ont aussi insisté sur le fait qu’elles n’empêcheront pas les citoyens respectueux de la loi d’obtenir des armes à feu de façon légale. Le suivi de ces armes sera plus grand.

Quant aux opposants, ils ont affirmé que la proposition violait la constitution suisse et ne contribuera pas à la lutte contre l’extrémisme ou la criminalité. Ils ont dit que les armes utilisées lors des récents attentats en Europe n’avaient pas été obtenues de façon légale.

Tous les grands partis politiques suisses, à l’exception de l’Union démocratique du centre, une formation populiste de droite, s’étaient prononcés pour la proposition.