L’arme que tient Carey Price restera légale avec C-21, dit Mendicino

OTTAWA — L’arme que tient le gardien de but du Canadien Carey Price, dans une sortie faite sur le contrôle des armes à feu, «est légale et continuera d’être légale», même après l’adoption de C-21, a insisté lundi le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino.

En se basant sur ce qu’il a vu des images qui ont circulé, le ministre canadien de la Sécurité publique a tenu à apporter cette précision, craignant une certaine confusion dans ce débat quant aux armes qui seraient véritablement prohibées par le projet de loi.

La sortie de Carey Price a été remarquée. «Ce que Justin Trudeau essaie de faire est injuste. Je soutiens la CCDAF (Coalition canadienne pour les droits des armes à feu) pour garder mes outils de chasse», a publié le gardien de but dans les médias sociaux, samedi, avec une photo de lui tenant un fusil.

Lundi soir, le gardien a confirmé sur Twitter que malgré la nuance apportée par le ministre, il continuait à se «tenir debout aux côtés de (ses) collègues chasseurs et tireurs sportifs qui ont acquis légalement leur propriété et l’utilisent en toute sécurité».

«Mes opinions sont les miennes et j’y tiens, a-t-il écrit. La seule raison pour laquelle je soulève cette question maintenant, c’est parce que c’est d’actualité présentement et non par manque de respect envers qui que ce soit.»

Carey Price faisait ainsi référence au moment choisi pour faire sa sortie publique, qui est survenue peu de temps avant la commémoration de la tuerie de Polytechnique, le 6 décembre 1989.

Le contenu de C-21

Le gouvernement veut inclure une définition permanente de ce qui constitue une arme d’assaut prohibée dans sa loi pour renforcer le contrôle des armes à feu actuellement étudiée par le Comité permanent de la sécurité publique et nationale.

Les nouvelles dispositions viendraient bonifier la précédente interdiction, adoptée en mai 2020, qui incluait une liste de plus de 1500 modèles d’armes et de variantes de ce que le gouvernement considère comme des armes d’assaut. Cela inclut les modèles plus connus comme le AR-15 et le Ruger Mini-14.

«Notre objectif principal a été clair et cohérent tout au long: nous ne visons pas les propriétaires d’armes à feu qui respectent les lois, mais plutôt ceux qui possèdent des armes du type de celles qui ont été utilisées dans les pires tueries de l’histoire du pays», a affirmé le ministre Mendicino.

«Nous ne ciblons pas les carabines ou les fusils de chasse», a réitéré le premier ministre Justin Trudeau, en conférence de presse en Ontario.

Code «Poly» et PolySeSouvient

Le débat s’était échauffé, au cours des derniers jours, après que la Coalition pour le droit des armes eut proposé un code de promotion «Poly» pour permettre à ses sympathisants d’acheter des produits dérivés sur son site.

L’utilisation du terme a causé un tollé et a été dénoncée, notamment par l’organisation PolySeSouvient. 

«Le code promo, c’est tout aussi désolant; c’est manquer énormément de respect pour mes consoeurs. C’est incroyable de penser que c’est une bonne idée d’associer la promotion de matériel destiné à promouvoir les armes avec le plus grand féminicide au Canada. C’est odieux et je pense que c’est une stratégie qui va aussi se retourner contre eux, parce que je ne suis pas toute seule à penser ça», a commenté Nathalie Provost, survivante de la tuerie de Polytechnique.

La Coalition pour le droit des armes s’est défendue en soutenant que le code de promotion «poly» ne faisait pas référence à la tuerie de Polytechnique, mais au groupe PolySeSouvient.

Mme Provost a déploré les répercussions de la sortie de Carey Price. «Ses associations personnelles le regardent. Ce qui me désole, c’est que sa prise de position crée de la confusion. L’intervention de monsieur Price ajoute de la confusion à un débat déjà complexe», a-t-elle souligné.

Dans sa mise au point de lundi soir, Carey Price a ajouté: «Non, je n’étais pas non plus d’accord avec le code promotionnel.»

Le Canadien a aussi tenu à faire le point sur la situation, par la voie d’un communiqué.

«Comme mentionné précédemment, Carey n’était pas au fait de la récente campagne marketing du CCFR ni du synchronisme non intentionnel de sa déclaration. Les Canadiens de Montréal souhaitent transmettre leurs plus sincères excuses à tous ceux offensés ou bouleversés par le discours engendré à ce sujet dernièrement», peut-on lire dans la déclaration du Tricolore.

Du même souffle, l’équipe a annoncé avoir fait un don à la campagne Semaine de la rose blanche afin d’envoyer 14 jeunes filles venant de milieux défavorisés au camp d’été scientifique de Polytechnique Montréal.

Les conservateurs

En Ontario, le premier ministre Trudeau a écorché au passage le parti de Pierre Poilievre, affirmant qu’il ne cédera pas face aux «politiciens conservateurs» fédéraux qui «veulent restaurer les armes d’assaut de style militaire».

Le chef conservateur a persisté dans sa façon de présenter le projet de loi, affirmant qu’à l’approche de Noël, le gouvernement Trudeau voulait «empêcher les gens de la campagne de chasser leur dinde».

Le problème, dit M. Poilievre, n’est pas celui qui «utilise ses outils pour nourrir sa famille», mais plutôt les armes illégales qui traversent la frontière. «Pourquoi ne renforcez-vous pas les contrôles aux frontières plutôt que d’attaquer les chasseurs?» a demandé le chef conservateur.

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