Armes: Trudeau est «déconnecté» des communautés rurales, dit Poilievre

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau est «déconnecté» des communautés rurales, estime le chef conservateur Pierre Poilievre, qui affirme que les intentions cachées du gouvernement avec son projet de loi C-21 sur le contrôle des armes à feu ont été démasquées.

«Il ne savait pas qu’il allait y avoir une réponse aussi féroce à travers le pays parce qu’il est tout à fait déconnecté des communautés rurales», a dit mercredi M. Poilievre lors d’une rare mêlée de presse dans le foyer de la Chambre des communes qui n’avait pas été annoncée.

Selon lui, les libéraux tentent désormais de «reculer». Or, son «agenda» est maintenant connu, a insisté M. Poilievre, expliquant que le chef libéral «veut bannir toutes les armes de chasse parce que c’est son idéologie « woke » et extrême qui vise à empêcher les gens dans les communautés rurales à vivre leur vie traditionnelle».

Le gouvernement Trudeau est la cible des critiques du lobby des armes et des conservateurs à la suite du dépôt d’un amendement qui enchâsserait une interdiction des armes dites d’assaut en inscrivant dans la loi une définition permanente de ces armes à feu.

Selon les opposants, la liste proposée des armes qui seront visées par la définition comprend certaines armes à feu qui sont principalement utilisées pour la chasse.

Même les néo-démocrates ont exprimé des inquiétudes quant à l’impact que l’amendement aurait sur les chasseurs, en particulier ceux qui sont autochtones.

Lundi, M. Trudeau s’est dit à l’écoute des préoccupations. «Nous écoutons les commentaires maintenant pour nous assurer que nous ne capturons pas des armes qui sont principalement des armes de chasse», avait-il déclaré.

Le Bloc québécois est revenu à la charge mercredi avec son souhait que le comité ajoute deux réunions afin d’entendre à nouveau des experts, comme des associations de chasseurs et ceux qui ont rédigé la définition.

«Je tends un peu la main au gouvernement. Moi, je ne demande pas mieux que de voter pour l’amendement. J’ai besoin pour ça de clarté. Ça vient d’experts qui ne siègent pas dans le Parlement, a déclaré le chef bloquiste Yves-François Blanchet. À la fin de l’exercice, moi aussi je vais devoir aller expliquer aux Québécois pourquoi on a voté de la façon dont nous aurons voté.»

La porte-parole du Bloc en matière de Sécurité publique et protection civile, Kristina Michaud, a expliqué que sa formation est en pourparlers avec les libéraux et les néo-démocrates puisqu’il est nécessaire que quatre parlementaires d’au moins deux partis donnent leur consentement à la tenue d’une réunion d’urgence, qui elle permet de discuter du nombre de séances et d’experts invités que souhaitent les parlementaires.

Le chef conservateur a pour sa part plaidé mercredi pour que les élus écoutent «les vrais experts» qui disent que de «cibler les chasseurs et les tireurs sportifs et les autochtones et fermiers ne fait rien pour combattre la criminalité». Selon lui, le gouvernement devrait plutôt investir sur la frontière avec les États-Unis afin d’empêcher l’importation d’armes illégales.

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