Arrêté pour agression sexuelle, le député Harold LeBel est exclu du caucus du PQ

QUÉBEC — Le député péquiste de Rimouski, Harold LeBel, a été arrêté mardi matin par la Sûreté du Québec (SQ) en raison d’allégations d’agression sexuelle. 

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a aussitôt annoncé que M. Lebel sera exclu du caucus de la formation politique pour la durée du processus judiciaire.  

«Nous sommes évidemment sous le choc. Les raisons évoquées au soutien de son arrestation sont très graves», a déclaré M. St-Pierre Plamondon lors d’un bref point de presse à Montréal.

«Toutes les violences sexuelles doivent être combattues avec force, a-t-il poursuivi. Personne n’est au-dessus de la loi.»

La SQ a confirmé l’arrestation d’un homme de 58 ans, mardi matin à Rimouski, en lien avec un dossier de nature sexuelle, sans toutefois préciser son identité. Les faits se seraient produits en 2017.

Les caméras de Radio-Canada ont capté la sortie d’Harold LeBel du poste de police vers 12h30. Il a prononcé quelques mots à l’effet qu’un processus était en cours, avant de s’engouffrer dans une voiture.

Selon une agente d’informations de la SQ, l’homme a été libéré sous promesse de comparaître le 11 janvier prochain au palais de justice de Rimouski.

Il est présumé innocent jusqu’à ce que la preuve de sa culpabilité soit établie hors de tout doute raisonnable devant un tribunal.

Encensé par ses pairs

Cette nouvelle a eu l’effet d’une bombe à l’Assemblée nationale, où la réputation d’Harold LeBel n’est plus à faire.

Député du PQ depuis 2014, M. LeBel était jusqu’à mardi porte-parole du parti en matière d’emploi, de solidarité sociale, de lutte contre la pauvreté et d’action communautaire autonome.

L’élu, qui a la réputation d’être doté d’une très grande empathie, venait d’être encensé par ses pairs samedi dernier dans un reportage publié par La Presse.

Il a raflé à cette occasion tous les honneurs dans la catégorie «Meilleur représentant de sa circonscription» et «Meilleur esprit sportif».

Harold LeBel reste pour plusieurs «un modèle», avait alors souligné la libérale Paule Robitaille, qui remportait la deuxième position dans cette catégorie convoitée.

«C’est un gars qui travaille avec son cœur, c’est un gars d’équipe qui travaille pour son monde. C’est facile de travailler avec lui, même si on n’est pas du même parti. C’est une inspiration pour moi», avait-elle confié à La Presse.

Rapport sur les agressions sexuelles

Le hasard a voulu que l’arrestation de M. LeBel survienne le jour même du dépôt d’un rapport d’experts concernant l’accompagnement des victimes d’agression sexuelle.

Des élues des quatre partis politiques représentés à l’Assemblée nationale s’étaient donné rendez-vous au Centre des congrès de Québec, mardi, pour commenter les recommandations du rapport.

La députée péquiste Véronique Hivon s’est dite particulièrement ébranlée par l’arrestation de son collègue. Elle estime cependant que son chef a posé le bon geste en adhérant au principe de la «tolérance zéro» et en expulsant M. LeBel du caucus «le temps de l’enquête et éventuellement du procès».

 «C’est sûr que d’un point de vue personnel, je suis sous le choc, mais j’espère que les événements de ce matin, en lien avec ce qu’on dépose et ce qu’on propose aujourd’hui, vont être porteurs d’espoir», a-t-elle déclaré en conférence de presse.

«C’est ce qu’on veut porter aujourd’hui: un message d’espoir pour rebâtir la confiance, et j’espère qu’à travers ce qui se passe aujourd’hui, les victimes vont voir qu’il n’y a absolument personne qui est au-dessus des lois, que ce phénomène-là, il est très présent, trop présent dans notre société, qu’il faut le combattre avec toutes nos énergies, qu’importe qui est en cause», a-t-elle ajouté.   

La députée Christine Labrie, de Québec solidaire, a dit avoir une pensée toute spéciale pour la présumée victime. «Ça prend énormément de courage pour dénoncer, a-t-elle affirmé. La politique n’est pas exempte de violences sexuelles.»

Pour sa part, la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, a rappelé l’objectif du rapport, qui est justement «de rebâtir la confiance et de faire en sorte que les victimes vont vouloir dénoncer», a-t-elle dit, avant d’ajouter: «Je suis avec la victime présentement.»

En mêlée de presse à Montréal, le premier ministre François Legault a également encouragé les victimes à dénoncer leurs agresseurs. «Personne ne doit être protégé», a-t-il lancé.

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