Arruda défend l’obligation du couvre-visage à l’échelle du Québec

À la veille du début des vacances de la construction, le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, s’est montré insistant sur le respect des diverses mesures pour éviter une nouvelle flambée de la pandémie de COVID-19 au Québec.

De passage dans la Beauce, le Dr Arruda a rappelé jeudi l’importance de la distanciation physique de deux mètres, des mesures d’hygiène comme le lavage des mains, de la restriction des rassemblements à 10 personnes et, surtout, du port du couvre-visage qui sera obligatoire dans les lieux publics fermés à compter de samedi.

«On est en libération conditionnelle, a-t-il imagé. On est comme des prisonniers qui ont été libérés du confinement. Si on ne fait pas les affaires qu’on doit faire, on va rentrer en dedans.»

Il a reconnu que le port du masque est «très demandant».

«Ce n’est pas par plaisir qu’on demande aux gens de porter des masques. Ce n’est pas faire de ça l’Halloween», a-t-il maintenu.

Le Dr Arruda a également défendu l’obligation du port du masque à l’échelle provinciale, et non uniquement dans les régions les plus touchées par la COVID-19. «La politique régionale nécessiterait un suivi très, très, très, très pointu chaque jour», a-t-il dit.

Il attribue une vertu pédagogique à cette obligation dès maintenant. «On se prépare à une deuxième vague. Si on veut que les Québécois prennent le réflexe de mettre leur masque quand ils sortent, ça va prendre du temps. On ne change pas des normes sociales en deux minutes. C’est le temps de le faire maintenant alors que ça ne circule pas.»

Ainsi, soutient le Dr Arruda, si une nouvelle flambée de cas tombe sur le Québec, comme aux États-Unis, «on va avoir acquis cet apprentissage-là».

Mis au courant d’une manifestation que projettent des opposants au port du couvre-visage à Saint-Georges, en Beauce, le Dr Arruda s’est défendu d’être un fervent ferme de la discipline. Lui-même dit préférer convaincre la population du bien-fondé des mesures pour changer des normes sociales, plutôt que de contraindre.

«Mais on arrive à un moment, [où il faut prendre la décision], malgré le fait qu’on a parlé depuis un bon moment», a-t-il expliqué.

Il s’emporte contre ceux qui se cachent derrière les premières déclarations des autorités au début de la pandémie pour justifier leur refus de porter un couvre-visage. «Si les gens essaient de me revenir sur ce que j’ai dit dans un autre contexte, il fallait apprendre à ramper, se tenir debout, marcher et courir. Il fallait apprendre la distanciation avant les masques.»

Le Dr Arruda a indiqué que la Santé publique pourrait réviser sa politique concernant l’organisation des petits festivals au Québec et les rassemblements.

«On est en train de réévaluer la situation. Le diable est toujours dans les détails», a-t-il dit.

Si la question de deux mètres demeure cruciale, il se dit prêt à reconsidérer certains aspects sur les rassemblements pour qu’ils soient mieux adaptés aux besoins. «Mais si ça se met à « reflamber » parce que personne n’a respecté la distanciation sociale, ça va être difficile de faire ça.»

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