Assurances de la Chine au Canada sur la COVID-19 et sur les Canadiens détenus

OTTAWA — L’ambassadeur de Chine au Canada affirme que son pays apprécie la coopération du Canada pour lutter contre la pandémie, au moment où les États-Unis «salissent» la Chine en lien avec la COVID-19.

L’ambassadeur Cong Peiwu dit également qu’il veut que les Canadiens sachent que Michael Kovrig et Michael Spavor demeurent en bonne santé et sont bien traités pendant leur détention en Chine.

Les deux Canadiens sont détenus depuis plus de 500 jours, et la Chine a suspendu les visites de diplomates canadiens au début de l’année dans le cadre de ses efforts pour limiter l’accès aux prisons pendant la pandémie.

Dans une entrevue exclusive avec La Presse canadienne, M. Cong a déclaré qu’il n’avait rien entendu de nouveau au sujet d’une proposition du ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne d’autoriser les diplomates à effectuer une visite «virtuelle» par internet pour vérifier comment vont MM. Kovrig et Spavor.

Les deux hommes ont été emprisonnés en décembre 2018 après que le Canada eut arrêté la dirigeante chinoise de Huawei Meng Wanzhou sur un mandat d’extradition américain, créant un froid dans les relations sino-canadiennes.

M. Cong dit que le Canada et la Chine travaillent en étroite collaboration pour lutter contre la pandémie, et qu’il attend un rapport du gouvernement canadien sur la façon dont un million de masques que le Canada a importés de Chine se sont révélés inadéquats pour les travailleurs de la santé.

«La Chine attache une grande importance au contrôle de la qualité des exportations. Les départements appropriés ont récemment rédigé des mesures réglementaires plus rigoureuses», a déclaré M. Cong.

Les questions juridiques dans le différend Kovrig-Spavor-Meng demeurent inchangées: la Chine affirme que l’arrestation de Mme Meng, qui fait face à des accusations de fraude bancaire aux États-Unis, est injuste. Le Canada dit de son côté que M. Kovrig, un ancien diplomate, et M. Spavor, un entrepreneur, ont été arrêtés arbitrairement.

Mais M. Cong a positionné le Canada comme un partenaire important pour la Chine dans la bataille continue contre la COVID-19 et il a utilisé l’entrevue pour lancer une contre-attaque contre les États-Unis, qui ont temporairement suspendu tout financement à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

M. Cong n’a pas mentionné le président Donald Trump par son nom, mais il a fait référence aux accusations de son administration selon lesquelles l’OMS avait dissimulé des choses au sujet de l’épidémie et que la Chine avait initialement caché des informations à l’organisation.

Plus récemment, M. Trump et ses partisans ont également avancé une théorie du complot selon laquelle un laboratoire de maladies infectieuses à Wuhan, en Chine, ait été à l’origine de la pandémie. Un communiqué des services de renseignement américain publié jeudi indique que le virus à l’origine de la COVID-19 n’a pas été conçu délibérément, mais que les travaux se poursuivent pour déterminer s’il a pu s’échapper du laboratoire de Wuhan pendant son étude.

«La Chine partage son expérience tandis que les États-Unis salissent la Chine», a indiqué M. Cong. «La Chine a activement partagé des informations sur l’épidémie et ses expériences antiépidémiques avec l’OMS et de nombreux autres pays, dont le Canada.» Cette coopération s’est étendue à 150 pays et organisations internationales, y compris lors de récentes vidéoconférences, a-t-il ajouté.

«Pour écarter tout blâme, certains politiciens américains tentent de lancer une campagne de stigmatisation contre la Chine. Attaquer et discréditer d’autres pays ne sauvera pas le temps et les vies perdus.»