Attaque terroriste dans un hôtel de Mogadiscio: 21 morts et 117 blessés

MOGADISCIO, Somalie — Les autorités somaliennes ont mis fin dimanche à une attaque meurtrière dans laquelle 21 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées lorsque des hommes armés ont pris d’assaut un hôtel dans la capitale.

Il a fallu plus de 30 heures aux forces somaliennes pour maîtriser les combattants qui avaient pris d’assaut l’hôtel Hayat de Mogadiscio vendredi soir, dans un assaut qui a commencé par de fortes explosions. 

Le siège a pris fin vers minuit, a précisé le commissaire de police Abdi Hassan Hijar aux journalistes. 

«Pendant l’attaque, les forces de sécurité ont secouru de nombreux civils piégés dans l’hôtel, y compris des femmes et des enfants», a-t-il souligné. 

Le Dr Ali Haji Adam, ministre de la Santé, a signalé 21 décès et 117 blessés, dont au moins 15 personnes qui étaient dans un état critique. Il a noté que certaines victimes n’ont peut-être pas été amenées à l’hôpital. 

La police n’a pas encore fourni de détails sur l’attaque et l’on ne sait toujours pas combien d’hommes armés sont entrés dans l’hôtel.

Les coups de feu ont cessé peu après 9 h, heure locale.

Le directeur de l’hôtel, Ismail Abdi, a déclaré à l’Associated Press dimanche que les forces de sécurité travaillaient toujours à dégager la zone. Des curieux s’étaient rassemblés devant les portes de l’hôtel gravement endommagé dimanche matin.

Le groupe islamiste extrémiste al-Chabab, qui a des liens avec al-Qaïda, a revendiqué la responsabilité de l’attaque. Il s’agirait de la dernière de ses multiples tentatives de frapper des lieux visités par des responsables gouvernementaux.

Al-Chabab s’oppose au gouvernement fédéral et aux étrangers qui l’appuient. 

L’attaque contre l’hôtel Hayat est le premier attentat terroriste majeur à Mogadiscio depuis que le nouveau chef de la Somalie, Hassan Sheikh Mohamoud, a pris le pouvoir en mai. 

L’ancien président de la Somalie, Mohamed Abdoullahi Mohamed, a évité toute confrontation majeure avec al-Chabab. 

À l’inverse, le président Mohamoud a affirmé que son gouvernement mènera l’offensive contre les milliers de combattants du groupe, grâce au soutien des forces américaines.

Le groupe terroriste al-Chabab a déclaré, par l’intermédiaire de Radio-Andalus, sa station de radio, que l’attaque contre l’hôtel était en réponse à l’affirmation de Mohamoud qu’il éliminerait le groupe de la Somalie. 

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné l’attaque, dans une déclaration et son porte-parole a précisé que «l’ONU soutient le peuple somalien dans sa lutte contre le terrorisme et sa marche vers la paix».

Al-Chabab demeure le groupe extrémiste islamique le plus violent en Afrique.

Ces dernières années, le groupe s’est emparé de davantage de territoire, profitant des dissensions entre le personnel de sécurité somalien ainsi que des désaccords entre le siège du gouvernement à Mogadiscio et les États régionaux. Elle demeure la plus grande menace à la stabilité politique dans ce pays instable de la Corne de l’Afrique.

Forcé de se retirer de Mogadiscio en 2011, al-Chabab revient lentement des zones rurales vers lesquelles il s’est replié, défiant la présence des Casques bleus de l’Union africaine (UA) ainsi que les frappes de drones américains ciblant ses combattants.

Début mai, les militants ont attaqué une base militaire de l’UA près de Mogadiscio, tuant de nombreuses troupes burundaises. L’attaque a eu lieu quelques jours avant le vote présidentiel qui a ramené Mohamoud au pouvoir cinq ans après avoir perdu ses élections.

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