Attentats contre «Charlie Hebdo»: début du procès

PARIS — Le procès de 13 hommes et une femme s’est ouvert mercredi à Paris, en lien avec les attentats de 2015 contre le journal satirique «Charlie Hebdo» et un supermarché casher à Paris, qui avaient marqué le début d’une vague de violence de Daech (groupe armé État islamique) en Europe.

Dix-sept personnes et les trois hommes armés sont morts au cours des trois jours d’attaques de janvier 2015. Plus tard cette année-là, un réseau distinct de combattants français et belges de Daech a de nouveau frappé Paris, tuant cette fois 130 personnes lors d’attaques à la salle de concert du Bataclan, au Stade de France, et dans des bars et restaurants.

Les individus devant le tribunal français sont accusées d’avoir acheté des armes et des voitures et d’avoir aidé avec la logistique. La plupart ont dit qu’ils croyaient qu’ils aidaient à planifier un crime ordinaire. Trois d’entre eux, dont la seule femme accusée, sont jugés par contumace, puisqu’ils ont quitté le pays pour joindre Daech.

Les attaques du 7 au 9 janvier 2015 ont commencé lors d’une réunion éditoriale à «Charlie Hebdo», dont les bureaux n’étaient pas identifiés et étaient gardés par la police depuis la publication de caricatures du prophète Mahomet, des années auparavant. Les frères Cherif et Said Kouachi ont abattu 12 personnes avant de détourner un véhicule et de s’enfuir. Ils ont revendiqué les attaques au nom d’Al-Qaida.

Deux jours plus tard, à la veille du sabbat juif, Amedy Coulibaly a pris d’assaut le supermarché Hyper Cacher, tuant quatre otages au nom de Daech, tandis que les frères Kouachi prenaient le contrôle d’une imprimerie à l’extérieur de la capitale française. Les assaillants meurent ce jour-là lors de descentes de police quasi simultanées.

Il a fallu des jours de plus aux enquêteurs pour se rendre compte que Coulibaly était également responsable de la mort d’une jeune policière, survenue la veille.

Il a fallu des semaines supplémentaires pour démêler le réseau de petits criminels et d’amis du quartier reliant les trois assaillants. À ce moment-là, l’épouse de Coulibaly était partie pour la Syrie avec l’aide de deux frères également inculpés dans l’affaire. La plupart des 11 personnes qui comparaîtront insistent sur le fait que leur contribution aux massacres a été involontaire.

Le procès de mercredi s’est ouvert sous forte surveillance, avec plusieurs contrôles de police pour toute personne entrant dans la salle d’audience principale ou dans les salles de débordement. Dans les kiosques à journaux à proximité, on pouvait trouver le dernier numéro de «Charlie Hebdo», réimprimant avec défiance les caricatures du prophète Mahomet citées par les hommes armés qui ont tué tant de membres de la rédaction de la publication.

La seule personne dans la salle d’audience condamnée à une peine d’emprisonnement à perpétuité est Ali Riza Polat, accusé d’avoir servi de lien entre les frères Kouachi et Coulibaly. Il apparaît à chaque étape de la planification de l’attaque, selon l’enquête judiciaire, organise des lignes téléphoniques sécurisées, vérifie le prix des explosifs et des munitions, et voyage avec Coulibaly en Belgique.

Polat a été le premier des accusés à parler mercredi, confirmant brièvement son nom et la date de son arrestation.

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