Santé Canada a approuvé un vaccin bivalent qui s’attaque notamment à Omicron

OTTAWA — Santé Canada a approuvé jeudi l’utilisation chez les adultes d’un premiervaccin contre la COVID-19 qui cible à la fois la souche originale du coronavirus et le variant Omicron.

«Il s’agit essentiellement de deux vaccins en un», a illustré durant une séance d’information le Dr Marc Berthiaume, directeur du Bureau des sciences médicales de Santé Canada, au sujet du nouveau vaccin produit par Moderna.

Ce vaccin dit «bivalent», autorisé à être utilisé comme dose de rappel, cible tout particulièrement le sous-variant BA.1 d’Omicron, ont précisé des responsables de la santé publique.

Le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos, a indiqué qu’une première livraison de 780 000 doses arriverait au Canada vendredi. En tout, 10,5 millions de doses sont attendues par Ottawa d’ici la fin septembre et Santé Canada prévoit que l’approvisionnement sera suffisant pour mettre à jour la vaccination de tous les Canadiens de 18 ans et plus.

Des doses d’un vaccin similaire de Pfizer, présentement évalué par Santé Canada, pourront aussi arriver une fois le feu vert donné.

M. Duclos a pressé les Canadiens d’aller chercher une dose de rappel si leur précédente vaccination remonte à six mois ou plus.

«Au cours des prochaines semaines, à mesure que nos enfants retournent à l’école ou que nous-mêmes retournons au bureau, prendre un rendez-vous pour notre dose de rappel devrait être en tête de notre liste de choses à faire», a déclaré le ministre, comparant la nécessité d’être à jour dans son immunisation contre la COVID-19 à celle de recharger son téléphone.

Alors que le nouveau vaccin conçu en fonction du sous-variant BA.1 commencera à être distribué, Santé Canada a déjà invité Pfizer-BioNTech et Moderna à soumettre des données pour un éventuel vaccin ciblant spécifiquement les variants plus récents BA.4 et BA.5.

La Dre Supriya Sharma, conseillère médicale en chef de Santé Canada, a fait savoir que l’organisme réglementaire s’attend à recevoir les réponses de ces compagnies au cours des deux prochaines semaines.

Il n’en reste pas moins que le vaccin ayant obtenu le feu vert jeudi est tout de même utile pour se prémunir contre les sous-variants plus récents, a insisté le Dr Berthiaume.

«Actuellement les données sur la famille des variants Omicron est que si on a une protection avec le vaccin bivalent contenant le variant Omicron BA.1, on a une bonne protection contre le variant BA.4 et BA.5. Ça devient des distinctions fines, mais, dans les faits, la protection est là», a-t-il expliqué.

Par ailleurs le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a annoncé qu’il recommande l’administration du vaccin nouvellement approuvé aux adolescents de 12 à 17 ans «présentant une immunodépression modérée à sévère ou présentant des facteurs de risque biologiques ou sociaux qui les exposent à un risque élevé d’effets sévères dus à la COVID-19».

Le Royaume-Uni a approuvé le vaccin bivalent de Moderna il y a deux semaines et la Food and Drug Administration des États-Unis a donné le feu vert à Moderna et à Pfizer-BioNTech plus tôt cette semaine.

Les vaccins autorisés par les autorités américaines permettent de s’attaquer plus spécifiquement au BA.4 et au BA.5

Le variant Omicron est arrivé au Canada à la fin de 2021 et il s’est propagé de façon agressive depuis. Selon les plus récentes données publiées par Ottawa, son sous-variant BA.5 représentait 85,6 % des cas de COVID-19 échantillonnés durant la semaine du 7 août. Sur la même période, la prévalence du BA.4 atteignait 10,5 % et celle du BA.1, 0,2 %.

Le sous-administrateur en chef de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), le Dr Howard Njoo, a découragé les personnes dues pour une dose de rappel de repousser leur rendez-vous si le vaccin bivalent ne leur est pas accessible dans l’immédiat.

«Les personnes qui choisissent de retarder l’administration d’une dose de rappel pour attendre l’arrivée d’un nouveau vaccin ont tout intérêt à examiner attentivement leur risque individuel que ce choix peut comporter», a-t-il dit.

Il a rappelé que les vaccins contre la COVID-19 conçus selon la souche d’origine du virus demeurent efficaces.

«Ce qui est important est une vaccination en temps opportun et que la meilleure protection est de recevoir votre dose de rappel aussitôt que possible», a renchéri l’administratrice en chef de l’ASPC, la Dre Theresa Tam.

Selon des estimations de la santé publique citées par le ministre Duclos, si 90 % plutôt que 60 % des Canadiens sont «à jour dans leur vaccination», le niveau d’hospitalisation attribuable à la COVID-19 sera réduit de 90 % «à la fin de l’automne ou au début de l’hiver».

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