Au moins 11 manifestants tués dans les rassemblements de dimanche au Soudan

KHARTOUM, Soudan — Au moins 11 personnes ont été tuées dans les affrontements avec les forces de sécurité soudanaises lors des grandes manifestations de dimanche, ont déclaré des militants de l’opposition, lundi.

Des dizaines de milliers de Soudanais sont descendus dimanche dans les rues de la capitale, Khartoum, et d’autres villes du Soudan. Il s’agissait des plus grands rassemblements organisés depuis que les forces de sécurité ont donné l’assaut contre le «sit-in» des manifestants le mois dernier.

Les protestataires exigent que les militaires cèdent le pouvoir à un gouvernement civil après le renversement du dictateur de longue date, Omar el-Béchir, en avril.

L’un des leaders des manifestations, Nazim Sirraj, a déclaré lundi à l’Associated Press que trois corps avaient été retrouvés à côté d’une école à Omdurman, la ville voisine de Khartoum. Les trois hommes ont été abattus dans une zone où les forces de sécurité avaient empêché les manifestants de se diriger, a-t-il déclaré.

Selon M. Sirraj, 11 morts ont été recensés à travers le pays, dont un dans la ville d’Atbara, au nord de Khartoum, d’où a émergé le soulèvement de décembre qui a finalement conduit à l’éviction du président El-Béchir.

Le Comité des médecins soudanais a confirmé le bilan.

Les autorités avaient annoncé dimanche soir qu’au moins sept personnes avaient été tuées et près de 200 blessées, dont 27 par balle, lors des manifestations.

Le conseil militaire au pouvoir a accusé les leaders du mouvement prodémocratie d’être responsables de la mort de ces manifestants après avoir détourné l’itinéraire de leurs marches pour se diriger vers le palais présidentiel et le quartier général de l’armée.

Un autre leader des manifestants, Mohammed al-Asam, a déclaré qu’ils poursuivraient leurs «actes révolutionnaires» jusqu’à ce que l’armée cède le pouvoir aux civils.

«Le conseil militaire n’a qu’une option, celle de répondre aux demandes du peuple soudanais», a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur Facebook.

Les discussions entre les deux parties à propos d’un accord de partage du pouvoir se sont soldées par un échec lorsque les forces de sécurité ont violemment dispersé un camp de manifestants à Khartoum le 3 juin.

La répression qui a suivi a fait au moins 128 morts, selon les militants prodémocratie. Les autorités ont rapporté un bilan de 61 morts, dont trois membres des forces de sécurité.

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