Au moins 30 manifestants prodémocratie tués par l’armée au Soudan

KHARTOUM, Soudan — L’assaut donné par l’armée soudanaise sur des manifestants rassemblés devant le complexe militaire de Khartoum, la capitale, a fait au moins 30 morts.

Le Comité des médecins soudanais a déclaré lundi que le nombre de morts ne cessait d’augmenter et qu’il était encore difficile de dresser un bilan final.

Le groupe affirme que des centaines de personnes ont aussi été blessées, dont beaucoup par balle.

Lundi soir, les manifestants prodémocratie ont appelé les citoyens à participer à des marches nocturnes à travers le pays et à bloquer les principales routes pour «paralyser la vie publique» sur tout le territoire.

Selon le militant Nazim Sirraj, les forces de sécurité ont affronté des manifestants dans les districts de Buri et de Bahri à Khartoum, et dans la ville voisine d’Omdurman.

Les «Forces pour la déclaration de liberté et de changement», qui représentent les manifestants prodémocratie dans les négociations avec le régime militaire, ont annoncé qu’elles suspendaient les pourparlers avec l’armée au sujet de la création d’un gouvernement de transition, après le renversement du président Omar el-Béchir en avril.

La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a déploré l’utilisation de balles réelles contre les manifestants.

Elle a exhorté les autorités soudanaises à mettre fin «immédiatement» à ces violences et à ouvrir une enquête indépendante sur le recours excessif à la force contre des civils.

Le conseil militaire au pouvoir au Soudan a blâmé des «criminels» qui se seraient infiltrés parmi les manifestants pour justifier son recours à la force.

Amnistie internationale a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à envisager d’imposer des sanctions aux membres du conseil militaire au Soudan.