Au moins cinq élèves tués lors d’une manifestation au Soudan

LE CAIRE — Les forces de sécurité soudanaises ont ouvert le feu lundi sur de jeunes manifestants dans une province du centre du pays, tuant au moins cinq personnes, selon des militants de l’opposition.

Le Comité central des médecins soudanais a expliqué que la manifestation à Obeid, dans la province du Kordofan du Nord, avait été organisée par des élèves du secondaire pour protester contre le régime militaire. Il a précisé que plusieurs personnes avaient aussi été blessées, certaines grièvement.

Ce comité fait partie de l’Association des professionnels soudanais, qui a été le fer de lance de plusieurs mois de manifestations qui ont abouti au renversement du président Omar el-Béchir par l’armée, en avril. Les manifestants ont continué de descendre dans les rues pour réclamer une transition rapide vers un régime civil.

Mustafa Mohammed, un médecin du principal hôpital d’Obeid, a déclaré que celui-ci avait reçu cinq corps et traitait des dizaines d’adolescents blessés.

«La plupart des blessés ont été touchés aux jambes, à la tête et à l’abdomen», a-t-il déclaré.

Les autorités locales ont suspendu les classes dans toutes les écoles du Kordofan du Nord et ont décrété un couvre-feu nocturne dans certaines parties de la province «jusqu’à nouvel ordre».

Le major général Al-Sadiq Abdallah, gouverneur du Kordofan du Nord, a déclaré avoir mis sur pied un comité d’enquête chargé d’enquêter sur les violences et a promis de traduire les responsables en justice.

L’UNICEF a condamné les violences contre les élèves et a appelé les autorités à tenir les auteurs responsables de leurs actes.

«Ces enfants, âgés de 15 à 17 ans, protestaient contre le début de l’année scolaire dans l’incertitude politique qui règne au Soudan», a déclaré Abdullah Fadil, représentant de l’UNICEF au Soudan. «Aucun enfant ne devrait être enterré dans son uniforme d’école.»

La coalition de mouvements d’opposition a déclaré que la répression avait été menée par l’armée et les Forces de soutien rapide, une unité paramilitaire issue des redoutables milices «janjawid» qui s’étaient fait connaître lors du conflit au Darfour dans les années 2000.

Ces mêmes Forces de soutien rapide seraient également à l’origine de la violente dispersion d’un regroupement de manifestants à Khartoum le 3 juin, qui aurait tué près de 130 personnes. Le procureur général a quant à lui établi un bilan de 87 morts.