Aucun accord en Allemagne sur la livraison de chars Leopard pour l’Ukraine

OTTAWA — La ministre canadienne de la Défense, Anita Anand, rentre au pays après une réunion en Allemagne, vendredi, au cours de laquelle les alliés n’ont pas réussi à faire beaucoup de progrès sur la fourniture de chars de combat à l’Ukraine.

Cette question était en tête de l’ordre du jour de cette rencontre de quelque 50 ministres de la Défense, à Ramstein, pour coordonner les plans visant à fournir à l’Ukraine une nouvelle aide militaire.

Le gouvernement ukrainien dit avoir besoin de chars de combat pour protéger ses troupes et lancer des contre-offensives contre les forces russes, en particulier dans l’est du pays.

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau n’a pas indiqué si le Canada était prêt à envoyer en Ukraine certains de ses chars Leopard 2, achetés à l’Allemagne en 2007 au plus fort de la guerre en Afghanistan.

Ottawa aurait toutefois besoin de l’approbation de Berlin pour réexporter en Ukraine des chars achetés par le Canada en Allemagne, l’Ukraine ne faisant pas partie de l’alliance militaire de l’OTAN.

Ce feu vert n’est pas venu vendredi à Ramstein : le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a déclaré à l’issue de la réunion que cette question n’était toujours pas résolue.

Les chars, une nécessité parmi d’autres

Malgré les appels des autorités ukrainiennes, l’Allemagne a jusqu’à présent résisté à la pression croissante pour fournir rapidement des chars de combat à Kyiv ou pour approuver que d’autres pays, comme la Pologne, les livrent à partir de leurs propres stocks.

Le ministre polonais de la Défense, Mariusz Blaszczak, a promis 14 chars Leopard à condition que d’autres pays fassent de même. Il a déclaré aux journalistes à Ramstein que 15 pays possédant les véhicules avaient abordé la question, mais qu’aucune décision n’avait été prise pour l’instant.

Boris Pistorius a souligné que les opinions des alliés étaient partagées sur la question. Selon lui, «l’impression selon laquelle il existe une coalition unie et que l’Allemagne lui fait obstacle est fausse».

Mme Anand a déclaré aux journalistes avant la réunion à Ramstein qu’elle avait rencontré M. Pistorius, qui n’est entré en fonction que jeudi. Elle n’a toutefois pas précisé si les deux avaient abordé la question des chars, ajoutant que n’était pas la seule chose dont l’Ukraine avait besoin.

«C’est pourquoi le Canada a fourni des véhicules blindés. C’est pourquoi le Canada a fourni des vêtements d’hiver et nos M77 (obusiers) et le système d’arme antichar Gustaf. Parce que ce sont tous des équipements que l’Ukraine a spécifiquement demandés», a-t-elle affirmé.

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a défendu les dirigeants allemands vendredi en soulignant que le pays était «un allié fiable» depuis «très, très longtemps», et qu’il le resterait dans le futur.

M. Austin a également minimisé l’importance immédiate des chars, ajoutant que les véhicules de combat Stryker et les véhicules blindés Bradley envoyés pour la première fois donneraient à l’Ukraine de nouvelles capacités de combat.

Un porte-parole du Kremlin a déclaré que l’envoi de chars occidentaux entraînerait des conséquences négatives «sans ambiguïté».

«Tous ces chars nécessiteront à la fois de l’entretien, des réparations, et ainsi de suite. Les envoyer ajoutera des problèmes pour l’Ukraine, mais ne changera rien à la capacité de la Russie à atteindre ses objectifs», a indiqué Dmitri Peskov lors d’un point de presse vendredi.

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