Aucun soldat n’a été demandé pour l’élection, dit l’armée américaine

Les responsables de l’armée américaine ont indiqué mardi qu’on ne leur a pas demandé de déployer des membres des forces actives ou de la Garde nationale en cas d’instabilité lors de l’élection du mois prochain — mais qu’ils sont prêts à intervenir en cas de besoin.

Le chef de l’armée, le général James McConville, a dit ne pas avoir reçu l’ordre d’organiser des exercices pour préparer les soldats à intervenir si jamais les manifestations électorales virent à la violence. Le secrétaire de l’Armée, Ryan McCarthy, a indiqué qu’aucune agence gouvernementale n’a demandé de militaires.

«Nous ne surveillons pas les rues des États-Unis», a dit le général McCarthy, avant d’ajouter que les soldats aideront les forces de l’ordre à protéger la propriété fédérale.

Ils ont fait ces commentaires au moment où on s’inquiète de voir la frustration face à l’issue du vote, des délais dans le dépouillement des voix ou d’autres problèmes mener à des manifestations potentiellement explosives et entraîner l’intervention de l’armée.

La représentante Elissa Slotkin, une démocrate du Michigan et une ancienne dirigeante du Pentagone, a estimé de son côté qu’un risque de violence dans les rues persiste, que ce soit le jour du vote ou après, et que le président Donald Trump pourrait ordonner une intervention militaire.

«Je ne pense pas que nous verrons une violence répandue, mais je ne serais pas surprise de voir des échauffourées de petite ampleur», a-t-elle dit.

C’est pour cela, a-t-elle dit, que son collègue du Comité de la chambre sur les forces armées, le représentant Mikie Sherrill du New Jersey, et elle ont demandé aux dirigeants militaires si l’armée jouerait un rôle dans le processus électoral.

En juin, des membres des forces actives ont été déployés près de Washington, mais ne sont jamais entrés dans la ville quand des manifestations violentes ont éclaté après la mort de George Floyd aux mains de la police de Minneapolis.

M. Trump a envisagé d’utiliser une loi peu fréquemment invoquée, l’Insurrection Act, pour déployer l’armée pour faire respecter la loi et l’ordre en sol américain, mais les leaders militaires s’y sont opposés et cela ne s’est jamais produit.

Des milliers de membres de la Garde nationale ont toutefois été utilisés à Washington et à travers le pays en appui aux forces de l’ordre. Les membres de la Garde nationale sont dirigés par les gouverneurs et fréquemment mobilisés lors de catastrophes naturelles.

Des responsables de la Garde nationale ont récemment confié à l’Associated Press que des unités de la police militaire dans deux États sont prêtes à intervenir rapidement si les États ont besoin d’aide pour rétablir le calme.

Le secrétaire de la Défense, Mark Esper, a fourni de courtes réponses écrites aux questions de Mme Slotkin et M. Sherrill, se contentant essentiellement de répéter que l’armée respectera la Constitution et la loi, comme elle l’a toujours fait.

Mme Slotkin et M. Sherrill ont dévoilé les réponses de M. Esper mardi, les mettant en opposition aux réponses beaucoup plus détaillées fournies au mois d’août par le chef d’état-major, le général Mark Milley.

«Je crois fermement au principe d’une armée américaine apolitique, avait écrit le général Milley. En cas de dispute concernant une facette des élections, la loi prévoit que les tribunaux américains et le Congrès des États-Unis régleront la querelle, pas l’armée américaine. Je n’entrevois aucun rôle pour les forces armées des États-Unis dans ce processus.»

Les commentaires du général Milley reflètent l’attitude de longue date des chefs militaires, qui estiment que l’armée ne devrait pas se mêler de politique et que les soldats ont juré de protéger le pays et de défendre la Constitution.

Le général McCarthy a par ailleurs indiqué que le secrétaire Esper discute avec le département de la Sécurité intérieure de l’utilisation, par des membres du département, d’uniformes de camouflage de type militaire.

Le recours répandu aux uniformes et équipements militaires a semé la confusion lors des manifestations, les manifestants ne sachant plus exactement à qui ils étaient confrontés.

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