Aucune accusation contre des policiers relativement à la mort du Mi’kmaq Rodney Levi

FREDERICTON — Les Services des poursuites publiques du Nouveau-Brunswick ont déterminé qu’aucune accusation ne serait déposée contre des policiers de la GRC impliqués dans la mort par balle du Mi’kmaq Rodney Levi l’été dernier.

M. Levi, de la communauté mi’kmaq de Metepenagiag, a été abattu par la police dans la soirée du 12 juin à Miramichi. Les policiers répondaient à une plainte concernant des incidents à une résidence privée.

C’est le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) du Québec qui avait été chargé de faire la lumière sur ce décès, parce que le Nouveau-Brunswick ne dispose pas d’une telle «police des polices». Le BEI avait transmis son rapport en décembre aux Services des poursuites publiques et au coroner en chef du Nouveau-Brunswick.

Les Services des poursuites publiques du Cabinet du procureur général ont indiqué dans un communiqué qu’il était évident que les policiers pensaient que M. Levi utiliserait la force contre eux. L’un d’entre eux avait tiré sur l’homme pour se protéger, lui et l’autre agent, ainsi que les civils qui étaient présents, précisent-ils.

«Ce geste est survenu après plusieurs tentatives de communication pacifique avec M. Levi et plusieurs utilisations d’un pistolet électrique visant à lui enlever ses armes dangereuses (des couteaux) qu’il refusait de rendre», est-il écrit dans le communiqué.

Les Services des poursuites publiques ont conclu que les policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avaient «respecté la loi afin de protéger les résidants», après avoir répondu à une plainte concernant des troubles.

«Les preuves présentées aux Services des poursuites publiques n’établissent pas une perspective raisonnable de condamnation et, par conséquent, nous ne porterons pas d’accusations criminelles contre les agents de la paix.»

La mort de M. Levi est survenue quelques jours après celle de Chantel Moore, une Autochtone de 26 ans abattue par la police d’Edmundston, toujours au Nouveau-Brunswick, lors d’un «contrôle de santé mentale» dans une résidence.

Alisa Lombard, l’avocate de la famille Levy, a affirmé mardi que les membres de la famille étaient déçus de la décision.

«Ils ont reçu des explications et un examen très approfondis des preuves et de la loi. Ils prennent maintenant le temps de traiter ces informations et de faire leur deuil», a-t-elle soutenu lors d’une entrevue.

Mme Lombard s’attend à ce que la famille utilise d’autres recours. «Je peux dire avec assez de confiance que ce n’est pas la fin», a-t-elle déclaré.

Le coroner en chef, Jérome Ouellette, a d’ailleurs annoncé mardi que l’enquête sur le décès de M. Levi devrait débuter le 4 octobre. L’endroit exact où se tiendra l’enquête ainsi que le nom du coroner qui la présidera seront annoncés à une date ultérieure, indique-t-on.

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