Aucune preuve que la mauvaise qualité de l’air favorise les éclosions, selon Roberge

QUÉBEC — Aucune éclosion de la COVID-19 dans les écoles n’est attribuable à la mauvaise ventilation, a assuré jeudi le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Les parents peuvent faire confiance aux mesures d’aération en place, a renchéri le premier ministre François Legault.

Le gouvernement réagissait ainsi aux révélations selon lesquelles il y avait plusieurs irrégularités dans les mesures de la qualité de l’air dans les classes. Cette controverse dure depuis des mois, alimentée entre autres par l’opposition qui réclame l’installation de purificateurs d’air ou d’échangeurs d’air.  

Selon une enquête de Radio-Canada diffusée jeudi, dans trois tests sur cinq réalisés en automne-hiver 2020-2021, le protocole utilisé avait tendance à améliorer les résultats, notamment en ouvrant les fenêtres, ce qui réduisait la quantité de gaz carbonique dans la classe. 

Tests «trafiqués»

«Aujourd’hui, on sait une chose, 61 % des cas, des tests qui ont été faits ont été trafiqués», a dénoncé la députée libérale Marwah Rizqy, à la période de questions. 

«Absolument pas, je ne partage pas ce constat-là», a affirmé M. Roberge, en conférence de presse jeudi matin au parlement, tout en reconnaissant que les tests n’étaient pas parfaits.

Toutefois, il a assuré que la méthodologie avait été mise en place par des spécialistes. 

Et contrairement à ce qui a été rapporté, le protocole a été respecté, même si une fenêtre était ouverte, a-t-il poursuivi.

«On doit prendre des tests qui reflètent la situation normale de la classe. Ça n’aurait pas été correct, alors que les fenêtres ou une fenêtre restent ouvertes toute l’année, de fermer cette fenêtre-là le jour du test.»

«Aucune preuve»

La mauvaise qualité de l’air a-t-elle contribué à des éclosions dans des écoles? 

«Je n’ai aucune preuve allant dans ce sens», a répondu M. Roberge. 

Il n’est pas nécessaire d’installer des purificateurs d’air dans les classes, contrairement à ce que réclament les partis d’opposition, a déclaré le premier ministre.

«Il y a comme une obsession avec les fameux purificateurs d’air, a-t-il dit en conférence de presse. La Santé publique est claire depuis le début, ce n’est pas nécessaire, des purificateurs d’air. Ça ‘fait la job’ d’ouvrir une fenêtre.»

Dans les classes problématiques, un échangeur d’air est ou sera fourni, a expliqué le ministre de l’Éducation, qui devrait disposer des données complètes des tests à la fin d’avril. 

«Il n’y aura aucun compromis sur la sécurité, a plaidé M. Legault. S’il y a une classe où on ne respecte pas les normes de CO2, on va la fermer ou on va mettre une ventilation quelconque.»

Le «fiasco»

Le Parti québécois a affirmé que «le fiasco de la qualité de l’air se poursuit» parce que le gouvernement a refusé systématiquement les propositions de l’opposition. 

«Si la priorité du premier ministre était vraiment de garder les écoles ouvertes, comme il n’arrête pas de le répéter, il n’accepterait pas ces cafouillages à répétition et il agirait», a déclaré le chef parlementaire péquiste, Pascal Bérubé. 

L’enquête diffusée jeudi porte sur les mesures effectuées dans près de 2000 classes à Montréal et à Québec, principalement durant l’hiver 2021.

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