La présumée «taupe de la GRC» tente d’obtenir sa remise en liberté

OTTAWA — Les derniers arguments seront présentés vendredi à l’audience de remise en liberté de l’employé de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) accusé d’avoir enfreint la loi sur les secrets officiels.

L’homme de 47 ans, Cameron Jay Ortis, a été arrêté il y a environ un mois.

Contrairement à ce qui se produit souvent dans les affaires criminelles, il revient à M. Ortis de démontrer pourquoi il devrait être remis en liberté en attendant son procès.

M. Ortis était directeur général du Centre national de coordination du renseignement de la GRC lors de son arrestation le 12 septembre. Il est accusé d’avoir violé trois articles de la Loi sur la protection de l’information ainsi que deux dispositions du Code criminel, notamment pour abus de confiance.

La Couronne soutient qu’il a tenté de divulguer des informations secrètes à «une entité étrangère ou à un groupe terroriste», sans plus de précisions. L’acte d’accusation énumère sept chefs distincts contre M. Ortis, pour des événements qui remonteraient au 1er janvier 2015 et qui se seraient déroulés jusqu’à son arrestation le 12 septembre.

M. Ortis pourrait savoir dès vendredi après-midi s’il sera libéré.

La commissaire de la GRC, Brenda Lucki, a admis en septembre que les allégations, si elles sont avérées, étaient «extrêmement perturbantes» puisque M. Ortis avait accès aux renseignements fournis par des alliés nationaux et internationaux.

Mme Lucki a déclaré lors d’une conférence de presse tenue le mois dernier que des enquêteurs avaient découvert des documents lors d’une enquête menée conjointement avec la police fédérale américaine (FBI), ce qui avait amené la GRC à croire qu’il pouvait exister une sorte de «corruption interne».

La commissaire a indiqué que M. Ortis disposait d’une autorisation «très secret» valide — qui doit être renouvelée tous les cinq ans — mais qu’il n’avait pas subi d’examen polygraphique, un test mesurant des signes physiologiques tels que la fréquence cardiaque et la respiration qui pourraient indiquer une tromperie.

Il s’avère que la GRC n’utilise pas le polygraphe pour le filtrage de sécurité, même si une norme fédérale de 2014 exige un test au détecteur de mensonges pour le filtrage de sécurité le plus élevé, appelée «très secret avec filtrage approfondi».

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