Augustin Roy, ex-président du Collège des médecins, est décédé mardi à Québec

MONTRÉAL – Augustin Roy, qui a présidé le Collège des médecins du Québec pendant 20 ans et qui a notamment défendu le droit des femmes à l’avortement, est décédé à Québec mardi, après une longue maladie.

Il a rendu l’âme à l’âge de 87 ans, chez lui, entouré de ses proches, a fait savoir Charles Bernard, l’actuel président-directeur général du Collège.

M. Roy avait obtenu son diplôme de médecine en 1954 et joint les rangs du Collège des médecins en 1963, occupant à ce moment le poste de registraire. À cette époque, il n’y avait pas de Régie d’assurance-maladie du Québec (RAMQ), pas de système professionnel ni de Code des professions, rappelle M. Bernard.

Le médecin originaire d’East Broughton, dans la région de Chaudière-Appalaches, s’est rapidement démarqué grâce à son franc-parler et ses convictions profondes, note le Collège. M. Roy était ainsi devenu président de l’ordre professionnel en 1974, l’année où est entré en vigueur le Code des professions.

Le docteur Bernard le qualifie de «grand bâtisseur».

«Il est un de ceux qui ont façonné le système professionnel au Québec, et plus spécifiquement celui du Collège des médecins», dit-il.

Selon le Collège, M. Roy a, au fil de ses mandats, joué un rôle important dans la définition des obligations du Collège en ce qui a trait à la protection du public, à la surveillance de l’exercice de la profession et à l’éducation médicale continue.

Ainsi, il a notamment oeuvré à promouvoir le développement professionnel afin d’élever la qualité de la médecine et les compétences des médecins, juge l’actuel président, qui estime que ce qu’il a mis en place assure une certaine garantie de qualité aux Québécois.

Au total, il aura travaillé au Collège pendant 31 ans, dont 20 ans à titre de président.

M. Roy a aussi trempé dans de grands dossiers qui ont touché la société québécoise, affirme M. Bernard, qui cite d’emblée le droit à l’accès à l’avortement.

«Dans l’affaire Morgentaler, c’est le premier qui est sorti publiquement et qui l’a défendu bec et ongles, pour que les femmes aient le droit à l’avortement», dit-il.

Le dossier était très controversé à l’époque et personne ne voulait se mouiller, se rappelle M. Bernard.

Il n’était pas forcément pour l’avortement, mais il voulait que les femmes aient le choix, résume-t-il.

L’actuel président du Collège, qui a connu personnellement Augustin Roy, dit que les gens se rappellent surtout d’un homme coloré, très public et très médiatique, au franc-parler. Mais il souligne qu’il est tout aussi important de se rappeler qu’il avait aussi un côté très sensible, qu’il était un «vrai médecin» et un humaniste.

M. Roy a également rédigé un essai paru en 2003 intitulé «Permettez-moi de vous dire…» qui est son témoignage sur sa vie de médecin et sur les soins de santé au Québec.