Autant de transmissions communautaires au Canada que de cas liés aux voyages

OTTAWA — La médecin hygiéniste en chef du Canada a confirmé mardi une tendance qui devait arriver un jour: dans l’ensemble du pays, le nombre de cas de transmission communautaire est maintenant aussi élevé que le nombre de cas liés aux voyages.

La docteure Theresa Tam a donc confirmé que la tendance s’oriente désormais vers une transmission au sein même des communautés. Son adjoint, le docteur Howard Njoo, a rappelé que lorsque le nouveau coronavirus est arrivé au Canada, de 80 à 90 % des cas étaient liés à des voyages à l’étranger. Mais depuis une semaine, près de 90 % des cas signalés à l’agence sont dus à la propagation du virus au sein même de la communauté. «C’est quelque chose à suivre pendant les prochaines semaines», a-t-il dit.

La docteure Tam affirme qu’il s’agit d’un «changement fondamental» dans la propagation du coronavirus au Canada. Selon elle, la distanciation sociale et le maintien d’une barrière de deux mètres entre les gens sont plus que jamais essentiels si l’on veut freiner et maîtriser cette transmission communautaire.

Comprendre le mode de transmission

«Notre stratégie principale est de garantir que les gens s’isolent d’eux-mêmes quand ils devraient l’être et que tout le monde respecte la distanciation sociale. Cela, en soi, réduira le changement de mode de transmission, si tout le monde respecte cela, bien sûr», a déclaré mardi la docteure Tam. «Je ne peux pas insister assez sur l’importance» de ces mesures.

La directrice de la santé publique explique qu’il est important de comprendre comment le virus se propage au sein des communautés, car cela aura un impact sur les mesures prises pour arrêter la transmission. Par exemple, en Colombie-Britannique, plusieurs grappes de cas et de décès sont survenus dans des centres de soins de longue durée, ce qui a conduit à l’adoption de protocoles rigoureux dans ces établissements pour protéger les résidents les plus vulnérables.

Les personnes actuellement atteintes de la maladie ont probablement contracté le coronavirus il y a deux semaines, voire trois, c’est pourquoi les responsables de la santé publique espèrent que les sévères mesures de distanciation sociale adoptées au Canada au cours des deux dernières semaines commenceront à se matérialiser dans les bilans à venir.

Tests de dépistage lents

La docteure Tam a par ailleurs reconnu que les retards dans les tests de dépistage étaient frustrants, mais elle assure qu’on met tout en oeuvre pour trouver des moyens d’accélérer le processus.

«Il est très, très important d’accélérer les tests de laboratoire quand on essaie de détecter des cas et de les contenir. Mais en ce moment, il est difficile d’obtenir des tests de laboratoire partout à grande vitesse», a-t-elle dit.

«Nous faisons tout ce que nous pouvons avec des solutions nationales, en essayant de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour augmenter la capacité de nos laboratoires.»

On recensait mardi matin 2176 cas positifs de la COVID-19 au Canada et 25 décès causés par le coronavirus. Près de 120 000 Canadiens ont subi un test de dépistage, avec une moyenne de 10 000 personnes testées par jour.

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