Autochtones assassinées: la commission amnorce ses audiences à Thunder Bay

Une mère éplorée est venue raconter, lundi, comment sa fille de 16 ans était tout bonnement partie se promener avec des amis, en février 2016, pour ne plus jamais revenir.

On a retrouvé le corps de Delaine Copenace dans un lac plusieurs semaines après sa disparition, et le coroner a conclu de façon expéditive à une noyade, a soutenu Anita Ross, lundi, au premier jour des audiences publiques, dans le nord de l’Ontario, de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, à Thunder Bay.

Tenant dans la main une plume, Mme Ross, assise à côté d’une chaise vide où reposait simplement une photo de sa fille Delaine, a raconté en larmes comment la Police provinciale de l’Ontario (OPP) avait été au départ insensible à ses inquiétudes — les policiers soutenaient que l’adolescente était probablement soûle quelque part.

Les proches ont amorcé leurs propres recherches, et l’OPP a abandonné les siennes après 14 jours. «Ça m’a brisé le coeur», a confié Mme Ross, entre deux sanglots. «C’est comme s’ils l’avaient laissée tomber. J’étais tellement enragée et blessée.»

Les policiers sont finalement venus lui apprendre qu’un corps avait été retrouvé dans un lac, en mars 2016. Deux jours plus tard, un coroner concluait à une noyade, et aucune enquête n’a été ouverte. Mme Ross a ajouté que le «torchon» de rapport du coroner, mal ficelé, est arrivé chez elle, sans prévenir, par la poste régulière. Or, selon elle, le corps de Delaine montrait des traces d’ecchymoses, mais aucune trace de ce gonflement typique des noyades.

«Quelqu’un a fait du mal à mon bébé», a plaidé lundi Mme Ross. «Ma fille n’a pas pu être dans l’eau tout ce temps: je crois que quelqu’un l’a enlevée et l’a retenue contre son gré.»

Les audiences se tiennent dans une région où les Autochtones se plaignent depuis longtemps de discrimination systémique. Au moins huit élèves autochtones de la région, qui résidaient à Thunder Bay pour leurs études, ont été retrouvées mortes depuis quelques années — plusieurs par noyade.

Une cinquantaine de proches ou de survivantes doivent venir raconter leur triste histoire durant deux jours d’audiences à Thunder Bay. La commission entendra aussi au troisième jour des témoignages à huis clos.

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