Autochtones disparues et tuées: une demande d’action collective entendue lundi

REGINA — Une mère qui allègue que le gouvernement fédéral et la Gendarmerie royale ont adopté une approche «négligente» et «nonchalante» en faisant enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées doit assister à l’audience qui déterminera si son action collective va de l’avant, indique son avocat.

Me Anthony Merchant affirme que Diane BigEagle, dont la fille Danita Faith manque à l’appel depuis 2007, sera présente à l’audience de lundi devant la Cour fédérale à Regina.

Des proches d’autres femmes autochtones assassinées ou disparues seront également sur place, précise l’avocat.

La poursuite, lancée en 2018, allègue une négligence systémique de la part de la GRC dans ses enquêtes sur les cas de femmes autochtones disparues et assassinées, source d’une grande souffrance pour les proches des victimes.

Dans une déclaration transmise par courriel, dimanche, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a indiqué que le gouvernement s’oppose à la certification de la poursuite «pour des raisons juridiques spécifiques à cette affaire, car elle est sans précédent dans sa portée, incompatible avec des jugements antérieurs sur l’obligation de diligence privée, et contient cas où la GRC n’est pas la police compétente.»

«Cette décision n’amoindrit en rien les conclusions de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, ni notre engagement à mettre fin à cette tragédie nationale», a ajouté le ministre.

L’enquête nationale avait déposé son rapport final en juin 2019, concluant que des décennies de racisme systémique et de violations des droits de la personne ont bel et bien joué un rôle dans la disparition et la mort de centaines de femmes et de filles autochtones.

La commissaire de la GRC, Brenda Lucki, avait présenté ses excuses aux familles touchées lors de son témoignage à l’ENFFADA en 2018.

La semaine dernière, le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, a indiqué que le plan d’action national serait bientôt prêt, tout en rappelant que celui-ci requiert également la contribution des provinces, des territoires, des groupes de la société civile et des organisations autochtones.

Selon les documents de la poursuite, Diane BigEagle a rencontré la GRC à plus de 50 reprises au sujet de la disparition de sa fille, mais les enquêteurs ne lui ont pas prêté attention ni pris de notes durant ces rencontres. Les policiers fédéraux auraient d’ailleurs initialement rejeté le signalement de sa disparition, affirmant que sa fille reviendrait probablement à la maison par elle-même.

Tout en reconnaissant que du travail reste à faire pour rétablir la confiance avec les peuples autochtones, le ministre Blair a tenu à souligner que le gouvernement a déjà pris des mesures telles que l’élimination de la discrimination genrée dans la Loi sur les Indiens, la promulgation de lois pour protéger les langues autochtones et des investissements en logement, dans les refuges et dans les programmes visant à contrer les violences sexistes.

La GRC s’efforce également d’attirer des candidats autochtones et met en œuvre de nouvelles initiatives pour les enquêtes sur les disparitions, a-t-il souligné.

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