Commentaires sur les banques alimentaires et les réfugiés: McCallum s’excuse

OTTAWA – Le ministre fédéral de l’Immigration, John McCallum, s’est excusé mercredi en fin de journée pour avoir dit plus tôt qu’il voyait une dimension «culturelle» à l’important recours qu’ont les réfugiés syriens aux banques alimentaires au pays.

«Ce que j’ai dit au sujet des banques alimentaires n’était pas sensible, donc je regrette le fait d’avoir fait ce commentaire», a-t-il affirmé.

Plus tôt en comité sénatorial, M. McCallum avait signalé qu’il était normal d’avoir recours aux banques alimentaires lorsqu’une famille dispose d’un revenu modeste, comme c’est le cas pour les réfugiés syriens fraîchement arrivés au pays. Il avait ajouté que cette utilisation était peut-être également motivée par un élément culturel, certains réfugiés provenant de camp de déplacés où on leur fournissait des denrées alimentaires.

«Notre monde est très différent du leur. Parfois, ils proviennent de camps de réfugiés, et peut-être est-ce la norme pour les repas», avait-il suggéré. Il avait indiqué que son personnel étudiait cette question, sans toutefois offrir plus de précisions.

Son commentaire avait fait sourciller la sénatrice Salma Ataullahjan, qui s’était dite «surprise» par l’utilisation du mot «culturel» par le ministre. «Je pensais que les gens allaient dans les banques alimentaires parce qu’ils n’avaient pas assez de nourriture», lui avait-elle lancé.

Interrogé par les journalistes, M. McCallum avait précisé sa pensée: «Ils proviennent de camps, ils proviennent de contextes totalement différents. Alors, leur comportement peut être différent de celui des autres Canadiens, parce qu’ils viennent d’arriver. Souvent, ils ne savent pas comment prendre l’autobus», avait-il illustré.

M. McCallum ne dispose pas de statistiques sur l’utilisation des banques alimentaires par les réfugiés syriens, mais il assure ne pas être préoccupé outre mesure par le phénomène. «On veut appuyer les réfugiés d’une telle façon qu’ils n’auront pas besoin de ces banques alimentaires», avait-il ajouté.

Hausse notable

Ces dernières semaines, de nombreux médias rapportaient une hausse accrue des besoins des banques alimentaires devant cette nouvelle clientèle à travers le pays.

Moisson Montréal dessert dix organismes qui viennent plus précisément en aide aux réfugiés. Pour deux de ces organismes situés dans le nord de la métropole, la banque alimentaire note une hausse accrue de la demande de 75 pour cent.

«Ce sont des chiffres clairs, récents. Ce n’est pas juste une perception (…). On peut d’ores et déjà dire qu’il y a une augmentation notable de 75 pour cent de la demande», a spécifié la directrice des communications de Moisson Montréal, Sylvie Bourbonnière. Elle note que pour l’instant, cette hausse est tout à fait gérable au sein de la banque alimentaire.

Madelaine Soulières Brown, présidente d’une division de la Société Saint-Vincent de Paul à Gatineau, signale quant à elle une augmentation de 21 pour cent des demandes par rapport à l’an passé. Elle croit cependant que cette hausse n’est pas uniquement causée par l’aide demandée par les réfugiés syriens.

Le gouvernement de Justin Trudeau s’était engagé à accueillir 25 000 réfugiés provenant de la Syrie, une promesse qu’il a remplie à la fin février. Ces réfugiés continuent d’arriver en sol canadien depuis, si bien que le Canada en comptait 27 190 en date du 15 mai.

Parmi eux, un peu plus de 15 355 sont parrainés par le gouvernement. Cette population est particulièrement vulnérable, a reconnu M. McCallum. Il a indiqué que les défis auxquels fait face le Canada pour l’intégration de ces réfugiés réside principalement dans l’apprentissage d’une des deux langues officielles et l’accès à un emploi.

Près de 98 pour cent des réfugiés parrainés par le gouvernement arrivés avant la fin février ont trouvé un logis permanent.