Barr: aucune preuve de fraude qui changerait l’issue de l’élection

WASHINGTON — Le département de la Justice n’a découvert aucune preuve de fraude électorale répandue qui changerait l’issue de l’élection présidentielle de 2020, a admis mardi le procureur général des États-Unis William Barr.

Ses commentaires surviennent au moment où le président Donald Trump continue de répéter que l’élection lui a été volée et refuse d’admettre la victoire du président élu Joe Biden.

Dans une entrevue avec l’Associated Press, M. Barr a indiqué que des procureurs fédéraux et des agents de la police fédérale américaine ont enquêté sur différentes plaintes et informations, sans découvrir de preuve qui viendrait changer l’issue du scrutin.

«À ce jour, nous n’avons vu aucune preuve d’une ampleur qui aurait pu mener à une conclusion différente de l’élection», a-t-il dit à l’AP.

Ces commentaires sont particulièrement frappants provenant de M. Barr, qui compte parmi les alliés les plus farouches du président. Avant l’élection, il a souvent évoqué la possibilité que le vote par correspondance puisse être spécifiquement vulnérable à la fraude.

Peu de temps après la déclaration de M. Barr, M. Trump a lancé de nouvelles allégations sans fondement de fraude électorale sur Twitter. Son avocat Rudy Giuliani et sa campagne ont publié un communiqué vitriolique dans lequel on peut notamment lire qu’«avec tout le respect que nous devons au procureur général, il n’y a même pas eu une imitation» d’enquête.

Le mois dernier, M. Barr a autorisé les procureurs fédéraux de tout le pays à enquêter sur toute «allégation importante» de fraude électorale, même si rien ne permettait de croire qu’une fraude ait eu lieu. Le responsable de la fraude électorale au sein du département de la Justice a démissionné en guise de protestation.

La campagne Trump, Rudy Giuliani en tête, décrit sans la moindre preuve un vaste complot lors duquel les démocrates auraient injecté des millions de votes illégaux dans le système. Plusieurs des poursuites intentées jusqu’à présent ont été rejetées, dont certaines par des juges républicains.

Une agence du département de la Sécurité intérieure assure que cette élection est la plus sécuritaire jamais organisée aux États-Unis.

Une des anciennes avocates de la campagne Trump, Sidney Powell, décrivait des votes changés de M. Trump pour M. Biden; des serveurs allemands qui auraient entreposé des données américaines; et un logiciel électoral qui aurait été développé au Venezuela «sous la direction d’Hugo Chavez» — l’ancien président vénézuélien décédé en 2013. Mme Powell a été expulsée de l’équipe Trump après avoir menacé, lors d’une entrevue, de «faire exploser» la Géorgie avec une poursuite «biblique».

Sans nommer Mme Powell spécifiquement, M. Barr a dit: «Quelqu’un a décrit une fraude systémique et ça portait sur des machines qui auraient essentiellement été programmées pour déformer l’issue du scrutin. Le département de la Sécurité intérieure et le département de la Justice ont examiné la question, et à ce jour, nous n’avons rien trouvé qui vienne appuyer ça.»

M. Barr a dénoncé la tendance croissante qu’ont certains d’utiliser «le système de justice criminelle pour tout arranger; les gens n’aiment pas quelque chose et ils veulent que le département de la Justice vienne ‘enquêter’.»

On doit tout d’abord avoir une raison de croire qu’un crime a été commis, a-t-il dit.

«La plupart des allégations de fraude sont très particulières à des circonstances ou des gens ou des comportements spécifiques. Ce ne sont pas des allégations systémiques, a déclaré M. Barr. Et celles-là ont été examinées. Certaines étaient larges et touchaient potentiellement des milliers de votes. On a fait un suivi.»

Dans le communiqué de la campagne Trump, M. Giuliani prétend avoir récolté «amplement de preuves de votes illégaux dans au moins six États, qui n’ont jamais été examinées».

«Nous avons plusieurs témoins qui jurent sous serment avoir vu une fraude électorale être commise, ajoute le communiqué. À ce que nous sachions, pas un seul n’a été rencontré par le département de la Justice. Le département n’a pas non plus examiné de machines utilisées pour le vote ou eu recours à ses pouvoirs pour découvrir la vérité.»

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