Barrette au Trésor: des syndicats inquiets, d’autres prêts à donner une chance

MONTRÉAL — L’annonce par Philippe Couillard du fait que si son parti était de nouveau porté au pouvoir, Gaétan Barrette deviendrait président du Conseil du trésor, a suscité des réactions d’inquiétude chez certains syndicats du secteur public, mais aussi de prudence, avec sourire en coin, chez d’autres.

Vendredi dernier, le chef libéral a fait savoir que si son parti était porté de nouveau au pouvoir, le 1er octobre, le ministre de la Santé et des Services sociaux n’occuperait plus ce poste, mais plutôt celui de président du Conseil du trésor. Or, à ce titre, M. Barrette deviendrait responsable de la négociation des conventions collectives avec les secteurs public et parapublic.

CSQ inquiète

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, lundi, la nouvelle présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Sonia Éthier, a admis nourrir beaucoup d’inquiétude compte tenu des réformes qu’il a imposées et de sa personnalité.

«Si ça devait se concrétiser, c’est sûr que nous, on aurait de grandes inquiétudes, si on se fie à la gestion du réseau de la santé et la réforme de la loi 10. Pour nous, il a fait beaucoup plus de mal que de bien. Et on est vraiment très inquiet, parce que son intransigeance, à l’égard du personnel de la santé et des services sociaux, notamment, (et face aux) solutions qu’on avait à lui proposer… C’est pas le ministre qui a été le plus à l’écoute des membres», a critiqué Mme Éthier.

FIQ: être généreux envers les autres

D’un autre côté, la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé, Nancy Bédard, a souligné que M. Barrette avait l’avantage de connaître le réseau, ses problèmes et les remèdes à administrer.

Si jamais il devient bel et bien président du Conseil du trésor, «ce sera l’occasion pour lui de vraiment corriger les effets dévastateurs de ses réformes et les coupures de son prédécesseur aussi. Il le sait que ça a fait mal aux professionnelles en soins. Il sait qu’il faut plus de postes à temps complet et qu’on investisse au niveau des professionnelles en soins. Donc, il sait ce qu’il y a à faire pour corriger les dernières années», a résumé la présidente de la FIQ.

Mme Bédard a souligné qu’à titre de ministre de la Santé, il avait appuyé les fameux ratios professionnelle en soins-patient — la priorité de la FIQ. Elle rapporte que le ministre lui avait confié qu’il avait été «très, très difficile de convaincre le Conseil du trésor» à ce sujet, mais qu’il y était parvenu.

Avec un sourire en coin, Mme Bédard poursuit: «si M. Barrette a réussi à convaincre le Conseil du trésor et que ceux-ci se sont laissé facilement convaincre pour la rémunération des médecins — il a été très généreux à leur égard — donc sa possible nomination pourrait être une excellente occasion d’être généreux cette fois-ci envers les professionnelles en soins, question d’être plus équitable».

On verra, dit l’APTS

À l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, la vice-présidente, Marie-Claude Raynault, a admis avoir certaines craintes, mais s’est dite prête à donner la chance au coureur, le cas échéant.

«Il connaît bien le réseau. Est-ce qu’il va avoir de l’ouverture? On verra. On va lui laisser sa chance. Mais on est un peu sceptique. On va laisser la chance au coureur», a commenté Mme Raynault.

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