Les 4200 employés de bureau de Bell au Québec et en Ontario votent pour la grève

MONTRÉAL — Les 4200 employés de bureau de Bell au Québec et en Ontario se sont dotés d’un mandat de grève illimitée — une première aux dires du syndicat Unifor, qui les représente.

Dans le passé, Bell a déjà été touchée par une grève des téléphonistes ou des techniciens, mais pas des employés de bureau, a souligné en entrevue lundi Daniel Cloutier, nouveau directeur québécois d’Unifor, qui est affilié à la FTQ au Québec.

«Dans toute leur histoire de groupe syndiqué — ces gens-là, les employés de bureau, on parle d’à peu près 70 ans de syndicalisation — ils n’ont pas pris de vote de grève, à aucun moment. Donc, c’est une première fois. C’est un tour de force; je pense que l’employeur doit prendre ça au sérieux dans ce contexte-là», a souligné M. Cloutier.

Ces employés de bureau ont voté à 65 % pour un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée.

Il s’agit de travailleurs à la facturation, aux renseignements, par exemple — des employés de bureau en général.

En vertu des délais qui sont impartis, si une grève venait à être déclenchée, ce ne serait pas avant le début du mois de juillet, a précisé M. Cloutier.

Les parties n’en sont cependant pas encore là. Une rencontre de conciliation doit avoir lieu lundi après-midi et les parties doivent discuter au moins jusqu’au 23 juin.

«On n’est pas encore à déclencher une grève à ce moment-ci. On va voir ce que va donner la négociation dans les prochains jours», a fait savoir M. Cloutier.

Le litige porte sur les salaires, le télétravail et la sécurité d’emploi, dans un contexte de délocalisation des emplois dans ce type d’industrie, ces dernières années.

Au plan salarial, les sections locales concernées d’Unifor n’ont pas dévoilé leurs demandes précises, mais elles misent sur un rattrapage salarial et un ajustement qui tient compte de l’inflation, a fait savoir M. Cloutier.

Pour ce qui est du télétravail, «on veut qu’il y ait des bases définies pour dans quel contexte ça va s’accomplir. Ce que l’employeur propose, c’est un peu laissé libre à chaque direction, avec des « guidelines » qui peuvent différer fortement d’un secteur à l’autre», rapporte M. Cloutier. 

Invitée à commenter, la direction de Bell ne l’avait pas encore fait, au moment d’écrire ces lignes.

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