Bellegarde réclame des changements systémiques dans les corps policiers

METEPENAGIAG, N.-B. — Le chef de la plus importante organisation des Premières Nations du Canada soutient que la seule manière de vaincre le racisme au sein des corps policiers du pays est d’imposer des changements systémiques et une politique de tolérance zéro dans le but d’éliminer les cas d’utilisation excessive de force.

Perry Bellegarde, chef national de l’Assemblée des Premières Nations, a parlé brièvement aux journalistes lundi lors d’une conférence téléphonique au cours de laquelle il a exprimé sa colère au sujet d’une série de confrontations violentes, parfois même fatales, entre la police et des membres des Premières Nations à travers le Canada.

«Les policiers sont là pour protéger et servir les citoyens, non pas pour les agresser et les tuer», a-t-il dit à partir d’Ottawa.

«Nous devons stopper ces tragédies, empêcher que les gens des Premières Nations soient blessés et/ou tués par des policiers. (…) Nous savons qu’il y a du racisme, autant systémique que délibéré. (…) Pour mettre fin au racisme systémique, il faut des changements systémiques.»

Il a demandé une fois de plus une enquête indépendante d’une tierce partie au cours des deux prochaines semaines sur la mort de deux Autochtones aux mains de policiers au Nouveau-Brunswick.

Le bureau des enquêtes indépendantes du Québec a été invité à se pencher sur les fusillades au Nouveau-Brunswick puisque la province n’a pas son propre bureau de supervision des agences policières.

Questionné à savoir s’il devrait y avoir une autre enquête indépendante, outre celle du Québec, M. Bellegarde a noté qu’il va toujours y avoir «des inquiétudes et de la méfiance au sujet de la police surveillant la police».

Il a dit privilégier une surveillance civile et l’implication des Premières Nations «dans les enquêtes» afin d’en assurer leur transparence. Il n’a toutefois pas demandé une autre enquête distincte.

«Je préférerais l’implication de citoyens ou de chefs des Premières Nations, a-t-il dit. Malheureusement, nous sommes soumis aux règles en place.»

Les fusillades ont aussi mené d’autres personnes à demander des enquêtes indépendantes et une réforme des systèmes policiers dans la province, là où le ministre des Affaires autochtones a déjà affirmé qu’il y avait un problème de racisme systémique.

De plus, ces événements ont reçu une attention particulière en raison des discussions internationales sur le racisme et la brutalité policière depuis la mort d’un homme noir lors d’une arrestation violente par un policier blanc au Minnesota le 25 mai.

M. Bellegarde a aussi abordé la vidéo récente démontrant l’arrestation d’un chef autochtone par des policiers albertains, la qualifiant d’une attaque par la police.

La vidéo de 12 minutes captée par la caméra du tableau de bord d’une voiture de patrouille démontre l’arrestation d’Allan Adam, chef d’une nation chipewyan, le 10 mars dernier.

Au début de la vidéo, on aperçoit un agent s’approchant du camion du chef Adam devant un casino de Fort McMurray, en Alberta. On peut voir le chef Adam sortir de son véhicule, puis être projeté au sol par un policier, qui lui assène ensuite un coup de poing à la tête.

«Quand vous voyez un deuxième policier arriver en courant et projeter violemment le chef Allan Adam, c’est une utilisation excessive de force, a affirmé M. Bellegarde. Il n’y a pas de discussion. Il n’y a pas de tentative de calmer la situation. C’est une agression directe. Une politique de tolérance zéro enverrait un message fort à toutes les forces policières — que ce n’est pas toléré.»

La GRC a rapporté que les plaques d’immatriculation du camion du chef Adam étaient expirées et que la vidéo montre le chef Adam entrant et sortant de son véhicule, retirant de manière agressive son manteau, lançant des jurons et se plaignant d’être harcelé par la police.

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