Bernier dénonce une campagne contre lui comme une atteinte à la démocratie

Le chef et fondateur du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, se dit «abasourdi et choqué» dans la foulée de révélations selon lesquelles les conservateurs seraient derrière une campagne pour le discréditer et le tenir à l’écart des débats des chefs.

«C’est une atteinte à l’intégrité de notre processus démocratique», a-t-il dénoncé lors d’une conférence de presse samedi après-midi en Beauce, ajoutant qu’il a formulé une plainte au Commissaire aux élections fédérales contre le Parti conservateur et l’ancien stratège libéral Warren Kinsella.

Le quotidien «The Globe and Mail» a été le premier à rapporter vendredi que la firme de consultants en communications politiques de Warren Kinsella, Daisy Group, a élaboré un plan pour dépeindre les partisans du PPC comme racistes — avec le Parti conservateur du Canada comme client.

Cette «campagne de salissage» devait surtout se dérouler sur les médias sociaux.

Selon «The Globe and Mail», un document du groupe Daisy indique que «les objectifs de cette campagne étaient de placer Maxime Bernier et le PPC sur la défensive et de travailler pour tenter de faire en sorte que Maxime Bernier et le PPC ne soient pas inclus dans les débats de chefs. Si elle ne réussit pas à bloquer sa participation, Daisy veillera à ce que Bernier et son parti soient affaiblis au point d’être inefficaces.»

«Qui a orchestré la venue d’un candidat rhinocéros du même nom que moi en Beauce? Est-ce que ça faisait partie de la campagne de salissage du parti conservateur?» a demandé Maxime Bernier lors de la conférence de presse.

En entrevue avec la Presse canadienne, le député sortant de Beauce a ajouté qu’il croyait que le Parti conservateur et Warren Kinsella étaient derrière des faux courriels envoyés à des membres de son équipe.

«Au mois de juin, il y a eu des courriels aux propos racistes et haineux, signé par un de nos employés et envoyé à des organisateurs sur le terrain en Colombie-Britannique, et ce courriel a été repris dans des médias, mais c’est complètement faux, notre employé n’a jamais envoyé ce courriel» a indiqué le chef du PPC qui affirme avoir déposé une plainte aux autorités policières concernant ces «faux courriels».

«La nouvelle du Globe and Mail prouve que les accusations constantes de racisme, les démissions suspectes de membres d’exécutifs et de candidats, les fausses lettres et d’autres histoires ont probablement été arrangées par Warren Kinsella pour ses clients conservateurs», a ajouté le fondateur du Parti populaire du Canada.

En conférence de presse, le chef conservateur Andrew Scheer a refusé de confirmer si, oui ou non, son parti était derrière cette manoeuvre de salissage malgré l’insistance des journalistes.

«Nous n’offrons pas de commentaires sur les contrats qu’on a ou on n’a pas (octroyés)», s’est borné à répéter M. Scheer, ajoutant qu’il s’agit là de la politique de son parti.

Andrew Scheer et Maxime Bernier sont d’anciens rivaux à la course au leadership du Parti conservateur. Après sa défaite, l’ex-ministre et député sortant de Beauce a fondé sa propre formation­.

La controverse a fait réagir les chefs.

«Ce qu’on a appris, c’est troublant. J’ai dit que M. Bernier n’aurait pas dû avoir une plateforme pour exprimer des idées haineuses et divisives, mais dans notre système politique en général, il faut quand même avoir l’espace pour exprimer des idées différentes. C’est important», a souligné le chef néo-démocrate Jagmeet Singh.

M. Singh reproche à Andrew Scheer de garder le silence à ce sujet. «Les Canadiens veulent que leurs dirigeants fassent preuve de transparence et ils ont raison de le faire.»

Le chef libéral Justin Trudeau a profité de cette controverse pour critiquer son principal rival.

«Les conservateurs n’ont aucune autre approche que de miser sur la peur et la division, et d’inventer des attaques contre leurs adversaires».

De son côté, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet n’a pas voulu commenter ce sujet.

«La réalité, c’est que je ne m’en mêlerais pas. Les luttes fratricides entre les conservateurs et M. Bernier, ça leur appartient», a-t-il dit.

Kinsella s’en vante

En fin d’après-midi, M. Kinsella a publié un court texte sur son blogue pour se défendre et même se vanter. Refusant de nommer son client pour des raisons de confidentialité, il a toutefois reconnu avoir cherché à démontrer l’esprit d’intolérance au sein du Parti populaire. «Je suis fier de m’opposer à des intolérants comme Bernier, que je sois payé ou non pour le faire. J’ai un client qui veut exposer et s’opposer à l’intolérance? Il mérite d’être salué, pas d’être critiqué», a-t-il écrit, comme par défi.

Il a indiqué que ce travail avait été effectué, il y a plusieurs mois. Ce document devait être rendu public. Pour lui, rien d’illégal ou d’inapproprié n’a été commis. «S’opposer à l’intolérance est toujours approprié et juste. Nous étions et sommes toujours vigoureusement fiers du travail que nous avons accompli», a-t-il ajouté.

Se défendant d’être membre d’un parti politique quelconque, il a noté que sa firme avait obtenu des contrats avec tous les partis politiques, sauf celui de Maxime Bernier.

Il refuse de considérer Maxime Bernier comme une victime. Quiconque le fait ne fait qu’aider un raciste. «Vous être en train de l’aider, vous devriez cesser de le faire.»

 

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