Biden courtise la classe ouvrière de l’Ohio qui avait voté Trump en 2016

Le candidat démocrate à la présidentielle a notamment accusé le président Trump d’avoir abandonné les électeurs de la classe ouvrière qui l’ont aidé à gagner les États de la région industrielle du nord-est et lui ont permis d’accéder à la Maison-Blanche en 2016.

CINCINNATI — Joe Biden a fait campagne lundi dans l’Ohio, tentant de maintenir le président Donald Trump sur la défensive dans un État considéré comme hors de portée des démocrates après avoir été largement remporté par M. Trump il y a quatre ans.

Le candidat démocrate à la présidentielle a souligné son message économique et a vanté son propre bilan tout en accusant le président Trump d’avoir abandonné les électeurs de la classe ouvrière qui l’ont aidé à gagner les États de la région industrielle du nord-est et lui ont permis d’accéder à la Maison-Blanche en 2016.

À Toledo, M. Biden s’est adressé aux Travailleurs unis de l’automobile qui représentent les employés d’une usine locale de General Motors. L’ancien vice-président a pris la parole dans un stationnement devant des représentants syndicaux assis chacun dans leur véhicule et il a adopté un ton résolument populiste, louant les syndicats et affirmant qu’il représentait les valeurs de la classe ouvrière tandis que M. Trump ne se souciait que d’impressionner les privilégiés de la société.

«Je ne mesure pas les gens en fonction de la taille de leur compte bancaire», a lancé M. Biden. «Vous et moi mesurons les gens à la force de leur caractère, à leur honnêteté, à leur courage.»

M. Biden a souligné son rôle de vice-président lorsque l’administration Obama a sauvé l’industrie automobile américaine après l’effondrement financier de 2008. Le président George W. Bush avait signé le programme d’aide après les élections de 2008, mais l’administration Obama a géré la majeure partie du programme de sauvetage.

«L’industrie automobile qui faisait vivre un habitant de l’Ohio sur huit était au bord du gouffre», a dit M. Biden lors du rassemblement, suscitant des klaxons de ceux qui l’écoutaient dans leur véhicule. «Barack et moi avons parié sur vous, et ça a payé.»

Trump en Floride

Donald Trump, de son côté, reprenait lundi le chemin de la campagne pour la première fois depuis qu’il a été déclaré positif au coronavirus, avec un rassemblement en Floride prévu en soirée. Et le vice-présent Mike Pence a organisé son propre événement dans la capitale de l’Ohio, Columbus, avec un discours dans l’entreprise d’excavation qui avait accueilli M. Obama sur l’un de ses chantiers en 2010.

«Vous avez dit oui au président Donald Trump en 2016, et je sais que le « Buckeye State » va dire oui à quatre années de plus», a lancé M. Pence à la foule. «C’est parti, Ohio. C’est en marche.»

Donald Trump a remporté l’Ohio face à la démocrate Hillary Clinton par un confortable huit points de pourcentage en 2016, mais des sondages récents montrent que la course se resserre dans l’État cette année.

L’équipe de campagne de M. Biden a récemment multiplié ses publicités dans l’Ohio, alors même que M. Trump a réduit ses efforts dans cet État et ailleurs. La hausse perçue des soutiens envers M. Biden survient alors que le président a vu ses appuis diminuer dans des villes telles que Cincinnati et Cleveland, une tendance qu’il cherche à contrer en solidifiant ses soutiens déjà forts parmi les électeurs des zones rurales de l’Ohio.

«Le président Trump a remporté l’Ohio de manière convaincante en 2016 et le fera à nouveau en novembre, nous sommes donc ravis de voir Joe Biden perdre une journée précieuse sur la piste de la campagne à visiter un État qu’il ne peut pas gagner», a lancé lundi un porte-parole de l’équipe Trump, Tim Murtaugh.

M. Biden rétorque que M. Trump a mal géré la pandémie de coronavirus, exacerbant les retombées économiques qui en résultent. Il a estimé que l’administration Trump avait «gaspillé» l’héritage économique de la présidence Obama il y a quatre ans et a promis de créer de nouveaux emplois syndiqués et bien rémunérés une fois que le pays aura maîtrisé la pandémie.

«Il vous a tourné le dos», a dit M. Biden à propos du président Trump. «Je vous promets que je ne ferai jamais cela.»

Pendant ce temps, l’équipe de journalistes qui accompagne habituellement le candidat démocrate dans ses déplacements de campagne est restée clouée au Delaware pendant plusieurs heures lundi en raison de problèmes mécaniques avec l’avion qui lui avait été assigné. Les journalistes qui couvrent la campagne utilisent un avion distinct de celui de M. Biden en raison de la pandémie de coronavirus.

L’équipe démocrate a finalement trouvé un autre avion afin que les journalistes puissent assister au rassemblement de M. Biden plus tard lundi à Cincinnati. À cette occasion, M. Biden a continué à s’adresser aux Américains en difficulté.

«Ils voient les gens au sommet faire de mieux en mieux, même au milieu de cette terrible récession», a-t-il dit. «Ils doivent se demander: qui veille sur moi? C’est ça, la présidence de Donald Trump.»

M. Biden a également parlé de l’infection de M. Trump par la COVID-19, affirmant que «la conduite personnelle imprudente du président depuis son diagnostic» était «inacceptable».

«Plus longtemps Donald Trump est président», a-t-il ajouté, «plus il devient imprudent».

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