Biden minimise l’impact de la résistance de Trump sur la transition

WILMINGTON, Del. — Promettant de se «mettre au travail dès maintenant», le président élu Joe Biden a affiché mardi sa volonté d’attaquer de front les crises qui frappent les États-Unis, tout en minimisant les craintes que le refus du président Donald Trump de reconnaître sa victoire puisse nuire à la sécurité nationale.

M. Biden a jugé «embarrassant» le refus de Donald Trump de reconnaître sa défaite, estimant que cela «n’aidera pas l’héritage du président».

M. Trump a jusqu’à maintenant empêché son rival démocrate de recevoir les informations des services de renseignement traditionnellement partagées avec le nouveau président pendant la transition, a indiqué une source sous le couvert de l’anonymat. La résistance de M. Trump, soutenue par de hauts responsables républicains à Washington et à travers le pays, pourrait également nuire à la mise sur pied de la future équipe de sécurité nationale de M. Biden et à sa capacité d’accéder aux agences fédérales pour discuter des questions budgétaires et politiques.

M. Biden a minimisé l’impact de la résistance républicaine qui, selon lui, «ne change pas du tout la dynamique de ce que nous sommes capables de faire». Des séances d’information supplémentaires des services de renseignement «seraient utiles», a admis M. Biden, mais «nous ne voyons rien qui nous ralentisse, très franchement».

Le bureau du directeur national du renseignement a indiqué mardi qu’il ne pouvait pas commencer à dialoguer avec l’équipe du président élu tant que l’Administration des services généraux n’aura pas entamé le processus de transition, que l’administration Trump retarde.

M. Trump et ses alliés semblaient déterminés à rendre la transition aussi difficile que possible pour M. Biden.

Sur Twitter mardi, le président a de nouveau soulevé des allégations non étayées d’«abus massifs de comptage des bulletins de vote» et a prédit qu’il gagnerait finalement la course qu’il a déjà perdue. Les tweets de M. Trump ont été rapidement signalés par le réseau social avec la mention: «Cette allégation au sujet de la fraude électorale est contestée.»

Le refus généralisé du Parti républicain de reconnaître sa victoire complique le défi de Joe Biden. M. Trump et ses alliés ont soulevé des accusations sans fondement de fraude électorale, insistant sur le fait que l’élection leur avait été volée. Le président a empêché des représentants du gouvernement de coopérer avec l’équipe du président élu, tandis que le procureur général William Barr a autorisé le ministère de la Justice à enquêter sur des allégations non fondées de fraude électorale.

Les allégations de M. Trump pourraient créer de réels problèmes pour la transition à venir, durant une période difficile pour les États-Unis. En plus de la pandémie, M. Biden héritera d’une économie en difficulté et d’un pays profondément divisé.

Priorité à la santé

Le président élu a prononcé un discours mardi après-midi à Wilmington sur la loi sur les soins abordables, quelques heures après une audience de la Cour suprême qui a entendu les arguments des républicains cherchant à faire annuler la loi. Si le tribunal, qui compte six juges conservateurs sur neuf, se range derrière les arguments des républicains, des millions d’Américains pourraient perdre leur couverture de soins de santé.

M. Biden tente de rester concentré sur les questions de santé alors qu’il se prépare à prendre ses fonctions le 20 janvier durant la pire crise sanitaire depuis plus d’un siècle. Les États-Unis ont dépassé les 10 millions de cas lundi et le bilan continue de monter en flèche alors que le pays entre dans les mois froids de l’hiver.

M. Biden a estimé que la contestation de la loi en Cour suprême était «cruelle et inutilement source de division». Mais il a promis que, quelle que soit l’issue du procès, il promulguerait des réformes pour étendre la couverture de santé après son entrée en fonction.

Mais il a également reconnu certains problèmes avec la loi et s’est engagé à y remédier. Il a expliqué que son équipe de transition travaillait à «préciser les détails» d’un plan visant à offrir aux Américains des soins de santé universels et à réduire les coûts des soins «dès que cela sera humainement possible».

Plus tôt mardi, la vice-présidente élue Kamala Harris a affirmé que chaque vote accordé à Joe Biden était un vote d’appui à l’«Obamacare». «Chaque vote pour Joe Biden était une déclaration selon laquelle les soins de santé aux États-Unis devraient être un droit, pas un privilège», a-t-elle dit. 

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