Biden remettra les États-Unis dans la lutte active contre le changement climatique

WASHINGTON — Dès son premier jour au pouvoir, le président Joe Biden a pris des mesures pour replacer les États-Unis dans la lutte mondiale pour ralentir le réchauffement climatique et il prévoit lancer immédiatement une série d’initiatives respectueuses de l’environnement qui transformeraient la façon dont les Américains conduisent et obtiennent leur énergie.

«Un cri pour la survie vient de la planète elle-même, a déclaré le président Biden dans son discours d’investiture. Un cri qui ne peut être ni plus désespéré ni plus clair maintenant.»

En fin d’après-midi, M. Biden a signé un décret pour rejoindre l’accord de Paris sur le climat seulement quelques heures après avoir prêté serment, un engagement qu’il avait pris en campagne. Cette décision annule le retrait des États-Unis ordonné par son prédécesseur Donald Trump, qui a déprécié la science derrière les efforts climatiques, assoupli les réglementations sur les émissions de pétrole, de gaz et de charbon et stimulé l’octroi de concessions de pétrole et de gaz dans la toundra arctique vierge et d’autres régions sauvages.

L’accord de Paris engage 195 pays et d’autres signataires à se fixer un objectif de réduction de la pollution par le carbone et à surveiller et déclarer leurs émissions de combustibles fossiles. Les États-Unis sont le deuxième émetteur de carbone au monde après la Chine.

La décision de Joe Biden renforcera la volonté politique à l’échelle mondiale, selon l’ancien secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

«Pas un seul pays au monde, aussi puissant, aussi ingénieux soit-il, ne peut le faire seul», a souligné M. Ban, s’exprimant virtuellement lors d’une séance d’information aux Pays-Bas pour le prochain Sommet pour l’adaptation aux changements climatiques.

 «Nous devons mettre toutes nos mains sur le pont. Telle est la leçon, très difficile, que nous avons apprise l’année dernière», a-t-il ajouté. L’an dernier, Donald Trump a tenu sa promesse de se retirer de l’accord mondial.

Détricoter l’héritage de Trump

Le président Biden utilisera également des décrets pour commencer à annuler d’autres décisions climatiques de son prédécesseur. Il ordonnera un moratoire temporaire sur les nouvelles concessions de pétrole et de gaz dans ce qui était la nature vierge de l’Arctique, ordonnera aux agences fédérales de recommencer à examiner des normes de kilométrage plus strictes et d’autres limites d’émission, et révoquera l’approbation de M. Trump pour l’oléoduc Keystone XL.

Une autre ordonnance obligera les agences à considérer l’impact sur le climat, les communautés défavorisées et sur les générations futures de toute mesure réglementaire affectant les émissions de combustibles fossiles, une nouvelle exigence. Les changements climatiques d’origine humaine ont été liés à l’aggravation des catastrophes naturelles, notamment les incendies de forêt, les sécheresses, les inondations et les ouragans.

On ne savait toutefois pas à quel moment M. Biden réalisera un autre de ses engagements: celui d’interdire les nouvelles concessions de pétrole et de gaz sur les terres fédérales.

Une fois que le président aura signalé à l’ONU dans une lettre son intention de rejoindre l’accord de Paris, sa décision entrera en vigueur dans 30 jours, a déclaré le porte-parole de l’ONU, Alex Saier.

Rejoindre l’accord de Paris pourrait mettre les États-Unis sur la bonne voie pour réduire les émissions de dioxyde de carbone de 40 à 50 % d’ici 2030, selon des experts.

«Nous pouvons faire beaucoup de choses, car nous avons laissé tant de choses sur la table au cours des quatre dernières années», a souligné Kate Larsen, ancienne directrice adjointe du Conseil de la qualité environnementale à la Maison-Blanche dans l’administration Obama.

Joe Biden a promis que les transformations nécessaires des secteurs des transports et de l’énergie, ainsi que d’autres changements, créeront des millions d’emplois.

L’opposition s’organise

Les opposants à l’accord sur le climat, dont des législateurs républicains qui ont soutenu le retrait de Donald Trump, ont dit que ces changements augmenteront le prix du gaz et de l’électricité — même si l’éolien et le solaire sont devenus plus abordables que le charbon et plus compétitifs avec le gaz naturel pour produire de l’électricité.

«L’accord de Paris sur le climat est basé sur l’idée rétrograde que les États-Unis sont les coupables ici, alors qu’en réalité les États-Unis sont le principal moteur des solutions climatiques», a soutenu le sénateur John Barrasso, un républicain du Wyoming.

Les sénateurs républicains devraient présenter une loi qui obligerait le président Biden à soumettre le plan de Paris au Sénat pour ratification. On ne sait pas si le Sénat étroitement divisé disposerait des deux tiers des voix nécessaires pour ratifier l’accord, qui n’a jamais été approuvé par le Congrès.

Les partisans de l’accord estiment que l’approbation du Congrès n’est pas nécessaire. La plupart des objectifs de réduction fixés par l’accord sont volontaires.

L’accord sur le climat est basé sur le fait que chaque nation se fixe un objectif de réduction de la pollution par le carbone d’ici 2030. D’autres pays ont soumis le leur le mois dernier. Les États-Unis ne l’ont pas fait. M. Saier a indiqué que les États-Unis pourraient soumettre leur objectif quelque temps avant les négociations sur le climat de novembre à Glasgow, en Écosse.

Un objectif international de longue date, inclus dans l’accord de Paris avec un objectif encore plus strict, est de maintenir le réchauffement en dessous de 2 degrés Celsius depuis l’époque préindustrielle. Le monde s’est déjà réchauffé de 1,2 degré depuis lors.

À partir de 2020, les émissions américaines étaient 24 % inférieures aux niveaux de 2005, mais cela reflétait l’extraordinaire ralentissement économique résultant de la pandémie de coronavirus, a nuancé le climatologue Zeke Hausfather, directeur de l’énergie et du climat au Breakthrough Institute.

– Par Ellen Knickmeyer et Seth Borenstein, The Associated Press

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