L’impasse persiste pour l’élection du président de la Chambre des représentants

WASHINGTON — Les républicains de la Chambre des représentants des États-Unis ont traversé, mercredi, une deuxième longue journée de scrutins infructueux. Ils ont été incapables de faire élire leur leader Kevin McCarthy comme président de la Chambre ou de proposer une nouvelle stratégie pour mettre fin à cette impasse qui persiste.

Pour une quatrième, cinquième et sixième fois, les républicains ont tenté de porter l’élu californien au plus haut poste de la Chambre. Mais chaque fois, l’exercice a produit presque le même résultat: 20 conservateurs refusant toujours de le soutenir et le laissant bien en deçà des 218 votes généralement nécessaires pour remporter la présidence.

En fait, M. McCarthy a même vu ses appuis tomber à 201 lors du sixième tour, puisqu’un autre républicain a choisi de voter seulement présent.

Ne voyant aucune issue rapide à l’impasse, les républicains ont voté brusquement en fin d’après-midi pour ajourner les travaux, le temps qu’ils poursuivent leurs efforts pour se sortir de cette torpeur. Ils devaient revenir en Chambre en soirée. 

La Chambre des représentants des États-Unis a finalement  voté mercredi soir pour un ajournement jusqu’à jeudi midi. 

«Pas encore d’accord, a déclaré M. McCarthy en quittant une longue réunion à huis clos avec des éléments clés. Mais beaucoup de progrès.»

Le représentant américain a promis de continuer à se battre, malgré la division qui règne au sein de la majorité républicaine. Dès son arrivée à la Chambre, mercredi midi, M. McCarthy a lancé: «Nous aurons un autre vote.»

Mais la nuit n’aura visiblement pas porté conseil aux républicains qui, comme la veille, n’ont pas réussi à s’unir autour d’un seul candidat pour succéder à la démocrate Nancy Pelosi.

C’est la première fois en 100 ans que la Chambre des représentants a besoin de plus d’un tour pour élire son président, ce qui n’a pas semblé ébranler M. McCarthy. Ce dernier a plutôt souligné qu’il avait reçu l’appui de l’ex-président Donald Trump, qui a publiquement appelé à la fin de la bisbille.

Sans président, la Chambre ne peut pas procéder à l’assermentation de ses membres, nommer les présidents de ses commissions, entamer les débats et lancer des enquêtes sur l’administration Biden.

Mais tout indique que cette situation se poursuivra, puisque rien ne laisse croire que les républicains seront en mesure de s’entendre dans un court délai. Il faut généralement la majorité de la Chambre pour devenir président, soit 218 voix, bien que le seuil puisse baisser si des membres sont absents ou votent simplement présents — une stratégie que M. McCarthy semble envisager.

Depuis 1923, l’élection d’un président n’a jamais donné lieu à plusieurs tours de scrutin. La lutte la plus longue a commencé à la fin de 1855 et s’est prolongée pendant deux mois, avec 133 tours.

«Embarrassant», selon Biden

Le président Joe Biden a quant à lui affirmé que l’impasse qui se prolonge est «embarrassante» et que la situation «ne paraît pas bien» pour la réputation du pays.

En mêlée de presse devant la Maison-Blanche, mercredi matin, M. Biden a mentionné qu’il espère que les républicains sauront prendre le taureau par les cornes pour résoudre le problème, puisque «tout le reste du monde regarde» les scènes chaotiques qui se déroulent depuis mardi au Congrès.

Malgré tout, M. Biden a souligné qu’il concentrait ses efforts pour «faire avancer des dossiers».

«Ce n’est pas mon problème», a martelé M. Biden au sujet de l’impasse des républicains pour nommer un président de la Chambre. «Je trouve juste que c’est vraiment embarrassant que ça prenne autant de temps.»

Le président n’a toutefois pas souhaité dire sur quel candidat il jette son dévolu et il a refusé de se soumettre au jeu des prédictions. «Je n’ai aucune idée» de qui va gagner, a glissé M. Biden.

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