Biden veut rétablir la place des États-Unis sur la scène internationale

WILMINGTON, Del. — Déclarant que «l’Amérique est de retour», le président élu Joe Biden a présenté mardi ses candidats pour son équipe de sécurité nationale, qui donne une idée de la façon dont il tournera le dos aux politiques de l’ère Trump en s’appuyant sur des experts en politique étrangère et en sécurité nationale de l’establishment démocrate.

Les membres de l’équipe présentée par M. Biden ont tous des liens avec l’administration de l’ancien président Barack Obama. Le président élu a ainsi voulu transmettre un message clair sur son désir de rétablir un engagement plus prévisible des États-Unis sur la scène internationale.

«C’est une équipe qui reflète le fait que l’Amérique est de retour, prête à diriger le monde, pas à s’en retirer», a dit M. Biden lors d’un événement pour présenter ses candidats, qui se tenaient sur scène, masqués, à au moins deux mètres les uns des autres.

L’équipe du président élu comprend Antony Blinken, un vétéran de la politique étrangère ayant une bonne réputation au Capitole et avec qui M. Biden travaille depuis environ 20 ans, pour le poste de secrétaire d’État. L’avocat Alejandro Mayorkas est nommé secrétaire à la Sécurité intérieure, la diplomate chevronnée Linda Thomas-Greenfield sera ambassadrice des États-Unis à l’ONU et Jake Sullivan, ancien «élève» du président Obama à la Maison-Blanche, sera le conseiller à la sécurité nationale de M. Biden.

Avril Haines, ancienne directrice adjointe de la CIA, a été choisie pour occuper le poste de directrice du renseignement national, la première femme à occuper cette fonction. L’ancien secrétaire d’État John Kerry revient sur le devant de la scène en tant qu’émissaire spécial sur le changement climatique. La nomination de M. Kerry et de M. Sullivan ne nécessitera pas de confirmation du Sénat.

L’équilibre des pouvoirs au Sénat repose sur l’issue de deux élections au second tour en Géorgie en janvier, mais certains républicains du Sénat ont déjà exprimé leur antipathie envers les candidats choisis par M. Biden à cause de leur proximité avec le président Obama.

Le sénateur Tom Cotton, républicain de l’Arkansas et candidat potentiel à la présidence en 2024, a accusé avec dérision M. Biden de s’entourer de «dorloteurs de pandas» qui se montreront indulgents envers la Chine. Le sénateur Marco Rubio, membre du comité sénatorial des relations étrangères qui examinera la nomination de M. Blinken, a estimé que les premiers candidats annoncés par M. Biden étaient sans intérêt.

L’équipe de transition de M. Biden a affirmé que les candidats choisis étaient «des leaders expérimentés, testés en situation de crise, prêts à se mettre au travail dès le premier jour».

En dehors du domaine de la sécurité nationale et de la politique étrangère, Joe Biden devrait également nommer Janet Yellen comme secrétaire au Trésor, la première femme à occuper ce poste. Elle avait été nommée par le président Obama pour diriger la Réserve fédérale de 2014 à 2018.

Une approche plus traditionnelle de la gouvernance

M. Biden a déclaré que ses choix «reflètent l’idée que nous ne pouvons pas relever ces défis avec une vieille pensée et des habitudes inchangées». Il a dit qu’il avait chargé son équipe de réaffirmer le leadership mondial et moral des États-Unis.

Le cabinet formé par Joe Biden marque un retour à une approche plus traditionnelle de la gouvernance, s’appuyant sur des décideurs politiques chevronnés dotés d’une expertise approfondie et de relations solides à Washington et dans les capitales mondiales. Et avec plusieurs femmes et personnes aux origines variées, M. Biden tient sa promesse de campagne de former une équipe qui reflète la diversité des États-Unis.

M. Biden a souligné que la création d’un poste de haut rang consacré aux changements climatiques au sein du Conseil de sécurité nationale permettrait de mettre les questions climatiques au centre des préoccupations de l’administration pour la première fois.

Avec John Kerry, les États-Unis auront «un leader sur le climat à temps plein» dans les réunions de haut niveau afin de s’assurer que le dossier ne soit pas négligé, a-t-il dit.

Pendant ce temps, des signes laissaient croire mardi que la transition au sommet du pouvoir, qui était bloquée depuis le scrutin, semble maintenant aller de l’avant.

Le Pentagone a annoncé que Kash Patel, chef de cabinet du secrétaire à la Défense par intérim, dirigeait le travail de transition du département. Une équipe spéciale de transition a été constituée, dirigée par Tom Muir, chef du bureau du Pentagone qui fournit des services administratifs et de gestion à toutes les installations du département de la Défense dans la région de Washington.

Cette annonce est intervenue au lendemain de la décision de la chef de l’Administration des services généraux de reconnaître Joe Biden comme vainqueur de l’élection, déclenchant officiellement le processus de transition.

Le nouveau président et son équipe pourront ainsi avoir accès aux responsables des agences fédérales et aux sites web officiels du gouvernement. Le département de la Justice pourra également procéder aux vérifications de sécurité pour les membres de l’équipe de transition et les personnes nommées par M. Biden.

L’équipe de transition du président élu obtiendra aussi 6,3 millions de dollars de fonds affectés par le Congrès et 16 200 mètres carrés d’espaces de bureau dans les bâtiments du gouvernement fédéral, notamment dans des zones sécurisées où M. Biden et son équipe pourront recevoir des informations sensibles.

Donald Trump, qui continue de soutenir des contestations judiciaires pour faire annuler les résultats des élections, a de nouveau refusé mardi de reconnaître sa défaite.

Il a écrit sur Twitter que «la GSA (l’Administration des services généraux) ne détermine pas qui sera le prochain président des États-Unis».

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