Bientôt une compensation pour les présumées victimes de Don Meredith

OTTAWA — Un comité du Sénat s’est réuni jeudi à huis clos pour entériner une recommandation visant à verser une compensation financière aux présumées victimes de harcèlement de l’ancien sénateur Don Meredith.

Dans un communiqué diffusé jeudi soir, le Comité permanent de la régie interne, des budgets et de l’administration a fait savoir qu’il «souscrit aux recommandations concernant les compensations financières» contenues dans le rapport de Louise Otis, ancienne juge de la Cour d’appel du Québec, qui a agi en tant qu’évaluatrice indépendante dans ce dossier.

Le comité sénatorial avait en main depuis environ une semaine le rapport final de Mme Otis. Parmi les recommandations de l’ancienne juge, il y avait celle d’une compensation appropriée pour les présumées victimes.

Dans son communiqué, le comité ne précise pas les montants qui seront versés en guise de compensation.

«En recommandant les montants des compensations, Me Otis a calculé la moyenne des niveaux de compensation établis dans le cadre de trois règlements de recours collectifs importants et récents concernant des cas de harcèlement, de harcèlement sexuel et de discrimination dans le secteur public», est-il écrit.

À l’issue de la rencontre, les sénateurs qui y étaient présents avaient peu à dire.

«J’ai confiance qu’on va finir… les victimes vont pouvoir tourner la page éventuellement. C’est l’objectif», a déclaré la sénatrice Josée Verner, du Groupe des sénateurs canadiens, lors d’un bref entretien téléphonique avec La Presse Canadienne.

L’avocat Brian Mitchell, qui représente trois de ces présumées victimes, cachait mal sa frustration d’être tenu dans l’ignorance sur les démarches en cours. Il dit n’avoir «aucune idée» de la compensation financière recommandée par Mme Otis.

«Est-ce que cela inclut les honoraires des avocats, par exemple? Est-ce que cela inclut les dommages qu’elles ont subis dans les derniers sept ans? On ne le sait pas», a déploré Me Mitchell à l’autre bout du fil, refusant lui aussi d’ouvrir son jeu sur le montant qu’il estimerait acceptable pour ses clientes.

Les gestes qui sont reprochés à M. Meredith n’ont pas été prouvés devant les tribunaux, mais ont déjà fait l’objet de deux autres rapports demandés par le Sénat ces dernières années.

L’an dernier, le conseiller sénatorial en éthique avait déterminé que M. Meredith entretenait un «environnement de travail empoisonné» au sein de son bureau et qu’il s’était livré à du harcèlement, parfois de nature sexuelle, avec ses employés.

Un autre rapport au sujet de M. Meredith, réalisé par la firme externe Quintet Consulting Corporation, a été complété en 2015. Celui-ci n’a jamais été rendu public et n’a pas été remis aux présumées victimes qui ont participé au processus.

C’est cette même firme qui doit se pencher sur les allégations de harcèlement à l’endroit de la gouverneure générale Julie Payette.

M. Meredith n’est plus sénateur depuis 2017. Il a démissionné après qu’il eut été révélé qu’il avait entretenu une relation intime avec une mineure.

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