Bilan: Jean-François Lisée cherche son Rodrigue Biron et veut attirer des caquistes

QUÉBEC – Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a déclaré vendredi qu’il souhaite attirer dans sa formation des représentants du centre-droit, dont ceux de la Coalition avenir Québec (CAQ), afin d’élargir sa base électorale.

Après avoir reconnu qu’il avait lancé trop tard l’idée d’une alliance avec Québec solidaire pour la partielle de Verdun, M. Lisée a répété l’importance d’unifier les forces de l’opposition pour battre les libéraux.

«C’est pourquoi on travaille tellement fort sur plusieurs fronts à étendre l’assise du Parti québécois en discutant avec nos amis de Québec solidaire», a-t-il dit dans une conférence de presse où il a dressé un bilan des derniers mois de travaux parlementaires.

M. Lisée a également manifesté son intérêt pour un élargissement de sa base vers le centre-droit, comme l’avait réussi le Parti québécois en attirant dans ses rangs le dernier chef de l’Union nationale, Rodrigue Biron, en 1980.

«Je cherche mon Rodrigue Biron, a-t-il dit. C’est sûr que des députés du Parti québécois, de Québec qui sont plus de centre droit, ça a existé dans le passé du Parti québécois. Je vois ça dans l’avenir du Parti québécois, donc il faut attirer cette clientèle-là qui en ce moment a été attirée par la CAQ.»

Selon M. Lisée, élu en octobre, le PQ doit suivre cette voie afin de trouver le moyen de former un gouvernement majoritaire.

Le chef péquiste a également exprimé son intérêt pour que d’éventuels députés caquistes passent dans son aile parlementaire.

«Mais on ne dira jamais: ‘ils sont sur le point de venir’, sauf le lendemain de leur arrivée», a-t-il dit, en référence à des déclarations du chef caquiste François Legault.

Au moment lui aussi de faire son bilan, M. Legault a maintenu que la CAQ a des contacts avec des députés péquistes qui pourraient rejoindre sa formation politique, un an après avoir soumis ce scénario sans obtenir de résultats jusqu’ici.

«On a encore des discussions privées», a-t-il dit, en attribuant son résultat au changement de chef au PQ.

M. Lisée a ensuite révélé dans sa conférence de presse que deux de ses députés, dont il n’a pas donné le nom, avaient refusé les avances de M. Legault.

«Mais il n’y a jamais deux députés, ou trois, ou zéro qui n’ont jamais été sur le bord, a-t-il dit. François prend ses rêves pour des réalités.»

Le député de Québec solidaire Amir Khadir a affirmé de son côté qu’il y a de la place dans sa formation pour l’ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois et l’ex-député péquiste Jean-Martin Aussant, qui ont lancé une opération de consultations politiques à travers le Québec.

«Le mandat qu’on a reçu de nos membres, c’est de s’asseoir, à travers un chantier de travail, de s’asseoir avec les progressistes qui veulent mettre fin à ce qui se passe actuellement, a-t-il dit. Et moi, je pense que les gens qui se reconnaissent vont être heureux de venir s’asseoir avec nous autres.»

M. Khadir, qui n’a pas encore décidé s’il sera candidat en 2018, a même ouvert la porte de sa circonscription de Mercier à M. Nadeau-Dubois et d’autres militants.

«Mercier, là, c’est un comté dans lequel on peut mener une bataille victorieuse avec n’importe quelle personne qui est dévouée et qui peut défendre des positions de Québec solidaire, a-t-il dit. Mais on n’en est pas rendus là.»

Par ailleurs, M. Legault a jugé insultant, vendredi, d’être comparé au président désigné des États-Unis, Donald Trump.

M. Legault avait pourtant semblé apprécier la comparaison à certains égards, le mois dernier, notamment pour la capacité de M. Trump à comprendre la réalité des citoyens de la classe moyenne.

«C’est une insulte», a-t-il dit vendredi.

M. Legault a insisté sur l’importance de mieux encadrer les immigrants et d’interdire le port de signes religieux pour les fonctionnaires en position d’autorité.

«On a besoin, si on veut éviter un dérapage à la Donald Trump, d’encadrer l’immigration, d’encadrer l’intégration des immigrants», a-t-il dit.

Avant la suspension des travaux parlementaires jusqu’en février, M. Legault a déclaré que son parti veut se préparer à l’élection de 2018, après laquelle il compte demeurer en poste peu importe le résultat.

En plus de son projet de développement de l’hydroélectricité et des berges du Saint-Laurent, le chef caquiste promet d’autres annonces à saveur économique.

«Moi, je veux qu’on voie grand», a-t-il dit.

M. Legault ne s’est pas démonté devant une analyse des résultats des dernières partielles, dans quatre circonscriptions, concluant que la CAQ n’aurait aucune chance de former le gouvernement.

«Est-ce qu’il y a quelqu’un qui croit qu’en prenant les résultats de Verdun, de deux châteaux forts péquistes puis d’Arthabaska qu’on peut être capables de faire des projections? Est-ce qu’il y a quelqu’un qui croit ça? En tout cas, moi, je ne le crois pas», a-t-il dit.

Constatant la difficulté de la CAQ à faire voter ses électeurs lors de la partielle de Saint-Jérôme, en début de semaine, M. Legault a reconnu la nécessité d’améliorer son organisation, qui lui a toutefois permis de remporter Arthabaska.

Malgré le fait qu’il ne craignait pas de souffrir d’une «éclipse médiatique», en mai, M. Legault a constaté que la course à la direction du PQ a placé son adversaire sous les projecteurs.

«Faites un décompte de la présence médiatique du PQ en 2016, là, vous allez voir que le PQ, avec sa course au leadership puis l’arrivée de Jean-François Lisée, ont eu toute une présence médiatique», a-t-il dit.

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