Obama, Clinton et Sanders gagneraient à mieux connaître le Québec, selon Blanchet

LÉVIS, Qc — Barack Obama, Hillary Clinton et Bernie Sanders appuient tout simplement leurs «chums» en intervenant dans la campagne électorale fédérale.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet a réagi ainsi vendredi aux appuis manifestés par ces personnalités politiques américaines en faveur de ses adversaires.

Le président Barack Obama et la candidate démocrate aux présidentielles américaines de 2016 Hillary Clinton ont en effet exprimé leur soutien aux libéraux de Justin Trudeau, tandis que le sénateur démocrate américain Bernie Sanders soutient le NPD de Jagmeet Singh.  

Or selon M. Blanchet, ils «gagneraient à mieux connaître la réalité québécoise». 

Il est «normal» que d’anciens chefs de gouvernement ou chefs d’État étrangers sortent ainsi pour appuyer des homologues qu’ils ont déjà rencontrés dans des moments où ils sentent que «la soupe est chaude», a affirmé M. Blanchet en conférence de presse à Lévis. 

«Le chum, qui est un chum, dit: ‘je vais te donner un coup de main’», a-t-il illustré. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat.»

Il dit n’être pas moins admiratif de l’ancien président Barack Obama. Avec une certaine ironie, M. Blanchet dit qu’il aurait dû rencontrer ces leaders américains pour aborder avec eux la question québécoise.

«Il y aurait lieu d’avoir une meilleure connaissance de la réalité québécoise qui pour l’instant est dans la réalité canadienne.»

Chantier Davie

Le chef bloquiste a fait campagne dans la région de Québec vendredi en fin de journée. Il espère entre autres faire un gain aux dépens des libéraux et du ministre Jean-Yves Duclos dans la circonscription de Québec.

M. Blanchet est passé à Lévis afin de réclamer davantage de contrats fédéraux pour le chantier maritime Davie. Le Bloc estime que le chantier est traité injustement par rapport à ses concurrents Seaspan à Vancouver et Irving à Halifax.   

Souveraineté

Plus tôt vendredi, M. Blanchet a laissé entendre qu’il pourrait voir le Québec accéder à la souveraineté de son vivant.

En conférence de presse à Saint-Étienne-des-Grès, il a dit que c’est réalisable, peut-être même plus tôt qu’on le pense, tout en reconnaissant qu’il faudrait «une révolution» à l’Assemblée nationale.

«Je pense clairement que les Québécois pourraient vouloir ça avant que j’aie fini de me bercer sur un balcon à ma retraite.» 

Rappelons que le chef bloquiste est âgé de 56 ans.

M. Blanchet fait sporadiquement allusion au rêve de l’indépendance, un des principes fondateurs de son parti.

Il reconnaît qu’il faudra que la composition de l’Assemblée nationale change.

«On n’a aucune raison de penser que demain matin, il y aura une révolution (à l’Assemblée) à laquelle on serait prêt à contribuer le cas échéant.» 

Exemption de TPS pour Hydro

Le Bloc a réclamé vendredi une exemption de TPS pour les comptes des clients d’Hydro-Québec pour une bonne dizaine d’années.

Cela équivaudrait à la part que les Québécois doivent contribuer pour le sauvetage par le fédéral du projet hydroélectrique de Muskrat Falls à Terre-Neuve-et-Labrador.

Le Bloc, tout comme le Parti québécois et le Parti libéral du Québec, voit le financement fédéral accordé à ce projet comme de la concurrence déloyale à l’électricité vendue sur les marchés américains par le Québec.

Pas plus tard que jeudi, le PQ a déposé une motion, conjointement avec les libéraux, qui dénonçait la participation du fédéral au projet et réclamait pour les Québécois un remboursement des sommes investies, mais les caquistes ont refusé d’en débattre.

Au total, Ottawa contribuera à hauteur de 15 milliards $ à ce projet controversé, selon M. Blanchet. 

Il fait son calcul ainsi: les Québécois paient environ 20 % de cette facture puisqu’ils contribuent pour cette part au budget fédéral. 

Exempter de TPS les comptes des clients d’Hydro-Québec équivaudrait à 257 millions $ par an, donc 2,5 milliards $ sur une dizaine d’années.

«Cela compenserait le Québec pour ce qui a été pris dans les poches des Québécois afin de gaver un concurrent du Québec, qui en plus se sera pitoyablement planté.» 

Pour l’occasion, M. Blanchet avait choisi de faire sa conférence de presse à Saint-Étienne-des-Grés, devant un barrage d’Hydro.

Trois-Rivières

Le chef bloquiste faisait campagne en journée dans la circonscription de Trois-Rivières, qu’il espère conserver. 

La députée bloquiste sortante, Louise Charbonneau, ne se représente pas. 

M. Blanchet veut faire élire un de ses candidats vedettes, l’éthicien René Villemure, qui affronte notamment le candidat libéral Martin Francoeur, un ancien journaliste et éditorialiste du quotidien local Le Nouvelliste.

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