Blessures sportives au Québec: plus d’un million de consultations médicales par an

MONTRÉAL — Le sport est bénéfique pour la santé — mais il est aussi la cause de nombreuses blessures. Plus d’un million de Québécois chaque année qui se sont blessés en pratiquant une activité sportive ont dû consulter un professionnel de la santé, rapporte l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Parmi eux, plus de 300 000 personnes ont dû voir un médecin pour une blessure jugée sévère. Celles-ci représentaient plus d’une blessure sur quatre (28 pour cent).

Ces données sont jugées préoccupantes par Benoit Tremblay, l’un des principaux auteurs de l’étude.

Les chiffres frappent, convient-il, mais «c’est quand même mieux de bouger si on veut éviter les méfaits liés à la sédentarité», comme le diabète et l’obésité.

Et puis, malgré cela, «on sait que les bénéfices outrepassent les risques de blessures», ajoute M. Tremblay qui est responsable de la recherche à la Direction de la sécurité dans le loisir et le sport au ministère de l’Éducation.

L’INSPQ a mené cette vaste enquête d’avril 2015 à juillet 2016 auprès d’un échantillon de plus de 9000 répondants québécois âgés de 6 à 74 ans.

Cette «photo instantanée» du Québec a permis de brosser un portrait complet de ces blessures dans la population, lors d’une année précise. Ce portrait a été dévoilé jeudi.

Son but? Constater quels sont les sports les plus à risque de causer des blessures, la nature de celles-ci, mais surtout, mieux diriger les efforts de prévention et de promotion de la sécurité dans le sport.

Au cours de l’année mise sous la loupe, un peu plus de 15 pour cent des répondants ont rapporté au moins une blessure qui nécessitait la consultation d’un professionnel de la santé — des blessures sévères, comme les commotions cérébrales et les fractures, mais aussi d’autres qui l’étaient moins. Cela représente environ 1,2 million de personnes.

Les activités les plus pratiquées par les Québécois sont la marche à des fins d’exercice (4,8 millions de personnes), la natation – baignade (3,8 millions) et le vélo (3,6 millions).

Sans grande surprise, les activités jugées plus à risque — qui obtiennent des taux de blessés supérieurs à 75 blessés par 1000 participants — impliquent davantage les sports où les contacts physiques sont fréquents, comme le football, le hockey sur glace et les sports de combat, ainsi que ceux de nature acrobatique comme la gymnastique et le cheerleading.

Mais si l’on regarde les activités qui ont causé le plus grand nombre de blessures, on constate qu’il s’agit de la course à pied et du conditionnement physique, car ce sont aussi les activités sportives fort populaires. Pour la course à pied et le jogging, une hausse de 102 000 blessés a été relevée depuis la dernière étude menée en 2009-2010, mais il y a aussi 944 000 adeptes de plus.

Les professionnels de la santé ont le plus souvent été appelés à traiter des inflammations ligamentaires (50,9 pour cent), des fractures (12,2 pour cent), des claquages musculaires (12,3 pour cent) et des commotions ou autres traumatismes cérébraux (5,8 pour cent).

Les hommes et les jeunes de 12 à 24 ans des deux sexes ont été jugés comme les plus à risque de blessures. Car ils prennent plus de risques et sont plus actifs dans les sports collectifs et de contact, analyse le responsable de la recherche.

Ce qui préoccupe aussi l’INSPQ est l’impact des blessures: plus de 7 personnes blessées sur 10 sont limitées dans leurs activités quotidiennes, incluant l’école et le travail, pour une période d’environ 30 jours.

Après avoir fait tous ces constats, l’INSPQ souligne l’importance de demeurer actif et de faire du sport tout au long de sa vie.

Pour éviter les blessures sportives, il est ainsi recommandé de varier les activités afin de diminuer les risques de blessures et de surentraînement. Il est aussi suggéré de ne pas augmenter trop rapidement le rythme et la charge d’entraînement, et de s’assurer que son programme est adapté à sa condition physique.

Bref, il ne faut pas se lancer dans une course de 5 km quand on n’a jamais couru de sa vie, a lancé M. Tremblay.

Le ministère de l’Éducation a d’ailleurs publié des conseils de sécurité, spécifiques à diverses activités récréatives ou sportives, comme la planche à roulettes et l’escalade.

http://www.education.gouv.qc.ca/organismes-de-loisir-et-de-sport/securite-integrite-et-ethique/securite/conseils-de-securite/

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